Nevermore… puis ce fut le silence

Ah, le lundi matin, quelle joie, quel sentiment inouï de se retrouver seul avec soi-même, de s’entendre penser, de conduire des raisonnements sans être interrompus… Beaucoup déclarent que le lundi est le jour le plus difficile de la semaine, mais pour moi ce sont des retrouvailles. Je dépose les enfants à l’école. Je me précipite vers la gare de Viroflay pour aller à mon travail. Et, j’y retrouve une certaine paix, un isolement et un silence que j’affectionne après les sollicitations, les jeux et les cris des enfants qui ont rattrapé, en deux jours, ce que je ne peux leur donner le reste de la semaine. Alors que dans ce train vétuste et guère confortable, je lis et même j’écris. La plupart du temps, j’écris ce que m’évoque ma lecture. J’ai trente minutes avant d’arriver à Saint-Lazare ; Je mets mes écouteurs en silicone pour ne plus entendre le roucoulement strident du signal de fermeture des portes ; Je ne démarre même pas la musique de mon téléphone portable ou, si je le fais, je baisse le son pour qu’il annule le bruit ambiant des quelques conversations autour de moi ; cette sorte de silence embrasse ma souffrance et ces instants sont magiques ; je suis bercé par le roulement régulier du train de banlieue et parfois je suis réchauffé par un rayon de soleil.

Hélas, tout cela, c’était avant, bien avant… « Nevermore ! » claque dans ma tête. Je n’ai pas vu passer cette période de ma vie. Désormais, le temps s’est arrêté, leurs cris demeurent les seuls sons de mon existence qui résonnent dans ma tête et les lundis matin demeurent une libération…  de leur absence si pesante, si assourdissante, de la culpabilité que j’éprouve maintenant. Je confonds passé et présent. Je n’ai plus d’attentes, plus d’avenir.

Depuis, j’ai imaginé tout un tas de théories sur notre rapport au temps et de l’influence des sons sur son écoulement. J’ai une imagination fertile, vous savez ? Toutefois, cela n’aurait pas été suffisant pour que j’en fasse une autoréflexion philosophique qui fasse l’objet d’une « theoria », du Grec « theoin » qui signifie ce que l’on veut connaître et « orao » ce avec quoi on tente d’y parvenir, et qui, à l’instar de la musique classique, devient avec l’âge sinon une évidente nécessité, mais aussi une quête de sens, de salut, que l’on repousse trop longtemps.

En effet, j’ai aussi vécu une expérience personnelle très significative quand j’étais jeune papa. Sur le moment, dans l’agitation de la vie, seul mon inconscient a noté les faits, puis une nuit, quelques années plus tard, tout est revenu à ma mémoire, comme une évidence à défaut d’une preuve scientifique. D’ailleurs, Martin Heidegger n’a-t-il pas dit que la science ne pense pas… Pardon ? Excusez-moi, je m’égare. Je me présente, je m’appelle Albert Ténac…

***

Nous étions en été, le 17 juillet 2004 et, ma femme, Odile, et moi, nous devions amener nos enfants au train à Bordeaux : Marc, six ans, et Olivia, dix ans, devaient rejoindre leurs grands-parents, mon père et ma mère, qui résident à La Grande-Motte, près de Montpellier, lieu réputé pour les vacances estivales où j’ai passé une partie de mon enfance le temps de week-ends en hiver et quasiment toutes les vacances d’été. Là-bas, ils peuvent aller à la plage, faire du bateau. Mon père est marin de cœur depuis toujours, il s’est engagé dans la Marine très tôt et il a servi sur le Clemenceau, avant ma naissance, avec lequel il a traversé l’équateur plusieurs fois, alors qu’il venait de rencontrer ma mère, une nîmoise plutôt casanière. Ainsi, Odile et moi, nous pouvions alors en profiter pour continuer cette pause estivale bienvenue dans le calme de la Dordogne avant de réattaquer tous les soucis de la rentrée et l’agitation d’une région parisienne regonflée à bloc après l’été.

J’aime partir tôt. J’ai hérité de ma grand-mère une vive appréhension quelques heures avant un départ : j’ai toujours l’impression que le temps s’accélère. Ainsi, j’avais négocié avec ma femme que nous partirions environ deux heures à l’avance alors qu’en quarante-cinq minutes au pire (normalement une demi-heure suffit) nous pouvons faire le trajet de notre petite maison de campagne à la gare. J’avais proposé pour cela que nous aurions ainsi la possibilité de prendre le temps d’un casse-croûte avec les enfants en attendant le train et mon frère, Alain, de cinq ans mon cadet qui vit à Bordeaux. Alain devait prendre en charge les enfants jusqu’à Montpellier. Odile et surtout moi étions inquiets qu’il n’arrive en retard à la gare comme il en a la réputation. Pour ma part, je serais bien parti une demi-heure plus tôt pour passer le prendre chez lui.

À dix heures quinze, je faisais déjà des va-et-vient d’un pas léger et plein d’entrain entre le garage et la voiture que je venais tout juste de sortir : ouvrir les fenêtres pour qu’il ne fasse pas trop chaud ; vérifier la pression des pneus en tapant avec mon pied ; regarder la jauge d’huile et le niveau d’eau ; mettre le contact pour lire l’indicateur du réservoir d’essence ; faire de la place dans le coffre pour les deux sacs des enfants ; trier les cartes routières… j’ai toujours un tas de choses à ranger dans la voiture et particulièrement dans le coffre : j’y entasse outils, ampoules de rechange, câbles électriques pour la batterie, lampe torche, galeries pour le toit avec les câbles de fixation, plaid, eau en bouteille plastique pour le moteur, sacs isothermes et casier de rangement en plastique pliable pour les courses, divers ustensiles de sécurité…

À dix heures quarante-cinq, j’étais fin prêt. Le temps s’étirait en longueur. Je fermais les volets du rez-de-chaussée : Odile préfère les fermer quand nous partons au cas où nous rentrerions tard. Ce que je trouvais absurde puisque nous n’avions rien à faire de particulier à Bordeaux ce jour-là, à moins d’un contretemps, ce qui serait fâcheux…

À dix heures cinquante, je houspillais les enfants pour qu’ils descendent et aillent dans la voiture. J’avais depuis longtemps rangé leurs affaires dans le coffre : ma femme avait supervisé le contenu de leurs sacs et les avait habillés pour la journée. De toute manière, ils ont des affaires à eux chez mes parents, mais c’est fantastique comme ils négocient toujours chaque objet, chaque jouet ou chaque livre qu’ils aimeraient amener.

Les enfants installés à l’arrière de la voiture, Marc dans son rehausseur, Olivia, la grande, qui avait mis sa ceinture et celle de son frère, j’en profitais pour chercher ma femme dans la maison. Elle passa devant moi en me recommandant de fermer le verrou du haut. Je verrouillais ainsi toutes les issues restantes et je me précipitais à mon tour dans la voiture, à la place du chauffeur : il n’est pas question que quelqu’un d’autre conduise, j’ai besoin de superviser le trajet de A à Z et si besoin de couper par des raccourcis que je connais comme ma poche sans avoir à prendre un temps fou à m’expliquer.

À dix heures cinquante-cinq, démarrage du convoi : j’ai gagné cinq minutes. Les enfants sont agités à l’arrière. Je n’y prête plus attention, je me plonge dans un silence intérieur que je sais retrouver dans les moments importants. Je suis attentif aux autres véhicules et aux deux feux rouges consécutifs que j’essaie de passer d’une traite. Nous sommes rapidement sortis de notre village et nous filons sur la bonne route à quatre voies qui mène à Bordeaux.

Onze heures seize, mince, il y a un incendie sur le bas-côté gauche de la chaussée dans un kilomètre. On nous fait sortir un peu avant par une déviation improvisée. Ce petit détour rajoutera d’après mes estimations un bon quart d’heure au trajet. Heureusement que je suis prévoyant !

Ce n’est pas possible, il est onze heures cinquante et on n’est toujours pas revenu sur la grande route. Pourtant, on roule bien, on tourne à gauche, à droite, on traverse des bleds que je connais bien. Il est vrai que quand on se suit en file indienne comme ici on va moins vite que quand il n’y a personne. Il va arrêter de freiner à tout bout de champ l’autre devant, c’est pénible. Les enfants sont très agités à l’arrière à cause de tous ces virages.

Midi ! Trois quarts d’heure déjà ! mais c’est quoi ce bazar. C’est ma montre qui déraille ou quoi. Et le Suisse devant, il se promène ou quoi. Les enfants, calmez-vous !

Midi vingt à ma montre qui continue à s’affoler. Mince, on a mis plus d’une heure pour rejoindre la route, comment c’est possible ? C’est fantastique avec les moyens modernes, on ne se rend plus compte du temps qu’il faudrait si on devait faire le trajet à pied ou cheval comme nos ancêtres. Qu’est-ce que je raconte, je divague, le stress, tout ce vacarme. Je crois, non c’est sûr que l’on n’aura pas le temps de passer prendre Alain chez lui. J’espère qu’il sera à la gare… Bon, arrête, ne pense plus à rien, fonce. Maintenant que tu as rejoint la grande route, tu n’as plus droit à l’erreur. Sinon tu vas finir par arriver toi aussi en retard. Quand même, c’est fou cette histoire.

Midi trente-cinq, bon sang tu roules à cent quarante depuis un bon quart d’heure, tu n’as pas loupé la sortie au moins ? non la voici. Calme-toi, tu as le cœur qui fait du cent quatre-vingts. On se pousse devant, on se pousse. Allez… ! qu’est-ce qu’il fout celui-là avec sa charrette ? Flûte, Odile me dit que l’on n’aura pas le temps de faire manger les enfants. Derrière, les enfants hurlent à tue tête des chansons. Ils sentent que je suis sur les nerfs. Concentre-toi, tu vas y arriver, comme toujours ! Tout dépend de toi.

Douze heures quarante-deux, tu vas le rater, c’est sûr, tu vas le rater. C’est incroyable ! Mes yeux vont et viennent entre l’horloge digitale du tableau de bord et la route. Douze heures quarante-cinq, douze heures cinquante, cinquante-cinq, les dernières minutes, puis secondes, indélébiles dans ma mémoire, s’écoulèrent dans un vacarme de sons et d’images lancés à toute allure. Je continuais quand même. Au cas où le train serait en retard… je ratais finalement le train.

***

N’allez pas croire que l’histoire s’arrête là, sur ce banal incident de parcours qui ne serait autre chose qu’une anecdote d’un pauvre type qui tourne en rond avec sa voiture comme dans un film de Louis de Funès.

J’ai fait ensuite ma petite enquête, je ne connais personne à qui il est arrivé de mettre deux heures pour faire ce trajet. Moi-même je l’ai refait deux ou trois fois et, même en prenant raisonnablement tout mon temps, je ne suis jamais arrivé à dépasser une heure. J’ai même essayé de retrouver la déviation que l’on nous avait imposée. Elle rallonge le trajet tout au plus d’une vingtaine de minutes, ce qui correspondait à mon estimation de l’époque.

Comble du préjudice moral, mon frère était là et, chose incroyable, il était arrivé en avance d’un bon quart d’heure. Depuis ce jour, il n’a pas cessé de me le rappeler. Le charme fut rompu, comme si nos rôles respectifs avaient perdu ce jour-là leur tacite répartition. Le grand frère toujours sérieux, marié deux enfants versus le petit frère qui n’avait pas encore su se caser et qui n’en voyait même pas un début de commencement d’intérêt pour lui. Un silence s’ensuivit entre Alain et moi que mes parents essayèrent en vain de combler jusqu’à… mais vous le savez bien, où ai-je la tête ? Si cela ne vous dérange pas, puisque nous avons tout notre temps, je reprends mon récit.

***

Treize heures, ma femme et moi, nous étions abattus, surtout moi. Les enfants jouaient un peu plus loin dans la grande salle des départs de la gare Saint-Jean, dans la lumière de la verrière de Gustave Eiffel. L’absence d’autres voyageurs et le silence douteux dans ce grand espace très emprunté, nous aurions pu croire que le train que nous venions de manquer était le seul train au départ à cette heure-là. Odile décida, pour mon frère et moi, qui en étions à nous disputer, la dernière fois sans doute… Elle voulait que j’aille demander à l’accueil si je pouvais changer les billets pour le train suivant à seize heures, tandis qu’elle amènerait les enfants à un bistro près de la gare pour qu’ils mangent. Mon frère déclara avec une certaine économie de mots qu’il avait mieux à faire et qu’il repasserait, à l’heure du prochain train pour Montpellier, et qu’il suffisait de l’appeler sur son portable s’il y avait un problème. Sur ce, il me tendit son billet et s’éloigna.

Je rejoignais Odile et les enfants un peu plus tard. Ils étaient installés dans le plus proche restaurant de la gare. Odile avait préféré être à l’intérieur pour éviter une trop forte exposition au soleil puisqu’il n’y avait pas de places à l’ombre à l’extérieur. Nous mangeâmes en silence : même les enfants avaient fini par sentir notre tension. Il faisait chaud : pas un souffle d’air ne traversait les lieux. Le temps passa très lentement, les aiguilles de ma montre semblaient noyées dans du plomb. Les enfants, qui avaient fini de manger, restaient sagement assis. La nourriture n’était pas fameuse et les lieux ne les incitaient pas à sortir de table.

Il s’opérait un silence suspect. Même la TV du restaurant, qui était pourtant allumée, ne produisait plus aucun son. J’aurais voulu me lever pour augmenter le volume ou appeler le patron qui avait disparu, mais une extrême lassitude me clouait à ma chaise en bois, inconfortable. Nous étions engourdis. Rien ne nous pressait, sauf ce silence assourdissant qui nous retenait en otages.

Après une éternité, nous installâmes les enfants dans le train de 16 h. Alain était revenu à l’heure et n’avait pas desserré ses dents. Nous nous ignorâmes. Odile et moi fîmes au revoir aux enfants à grand renfort de gestes et d’inscriptions inutiles sur la vitre sale du compartiment voyageurs. Puis le train parti, nous  quittâmes la gare. Fort déprimés nous rentrâmes chez nous sans un mot, en trente minutes.

***

Encore aujourd’hui, je pense avoir plus rêvé ou imaginé cette journée que vécu. Mais comme ma femme s’en souvenait aussi bien que moi quand je lui en ai reparlé quelques années plus tard, même si elle est restée moins choquée que moi, je pense donc que nous avons été victimes d’un phénomène temporel : le temps s’est accéléré de manière incompréhensible pendant le trajet puis il s’est ralenti comme un ressort qui revient à sa position initiale. Après tout, le cerveau humain est bien limité dans le domaine de la mesure du temps. De plus, nos montres ne font que suivre son écoulement. Nous n’avons aucun moyen d’apprécier une accélération ou une décélération. Seul notre intellect déduit qu’il se passe quelque chose d’anormal. Et, dans mon cas, le silence ou, au contraire, le bruit a joué un rôle principal dans cette histoire.

Je sais, j’ai beaucoup d’imagination, comme je vous l’ai déjà dit, mais après tout est-ce un mal ? Alain, pas mon frère mais le philosophe, prohibait cet état d’esprit dans ses « Propos sur le bonheur », mais que feriez-vous si vous étiez envoyé sur une île déserte, même avec votre roman préféré, même avec des centaines de DVD, car après tout n’est-ce pas ce que représentent nos souvenirs ? Oh, je sais ! Les souvenirs sont bien autres choses que de pâles séries hollywoodiennes, mais ils ne sont pas infinis. Que nous resterait-il sinon notre imagination, capable de combiner et de recombiner à l’infini ces mêmes souvenirs, jusqu’à les fondre dans notre mémoire et nous perdre. Eh oui, cher Monsieur, c’est mon lot quotidien désormais, souffrez que je m’en tracasse !

Quand on n’a plus d’avenir, le présent cesse d’exister et le passé devient la seule référence. Le présent engendre du passé et rend possible le futur. Si on perd son passé, on ne perd que la mémoire,  puisqu’il est encore possible d’avancer d’en recréer. Par contre, si on ne peut pas avancer, alors on ne peut plus enrichir notre mémoire, on tourne en rond à l’intérieur. La qualité intrinsèque d’un individu réside dans sa manière de prévoir l’avenir. L’originalité de l’expression humaine tient dans sa capacité à comprendre. Ne me regardez pas avec ces yeux d’ahuri ! Ce n’est pas parce que mon univers se réduit à ce cachot que je ne fais plus travailler mon esprit. Je n’ai plus d’avenir. « Nevermore ! » Vous, et vos semblables, m’avez mis ici pour mes actes qui sont odieux à vos yeux, aux yeux de la société que vous représentez, policée, normative. Des esprits qui ne peuvent pas concevoir d’autres alternatives. Nous sommes les prisonniers de notre corps, de notre cerveau, de ces parties extrinsèques dont parlait Gilles Deleuze à ses étudiants qui ne moufetaient pas un mot dans ses cours, si ce n’est des rires idiots, quand enfin quelque chose leur devenait accessible. Le silence de leur cerveau en disait long sur notre incapacité humaine à nous projeter bien au-delà de notre nature !

Comment ? Monsieur, vous osez hocher la tête devant moi. N’ai-je pas prouvé dans mes actes la force de mes propos ? N’ai-je pas rendu la liberté de leur essence à mes proches ? Vous ne semblez pas tout à fait comprendre. Votre silence en dit long. Ce n’est pas écrit sur la porte de la cellule, et, à défaut, dans le dossier que vous serrez maintenant un peu trop fort dans vos mains blanchies ?

Ce silence a ouvert des perspectives nouvelles dans mon esprit. La vie est comme friandise pour les essences, les âmes si vous préférez, qui errent dans l’éternité. Et qu’est-ce que l’éternité pour vous ? Si ce n’est que le temps qui s’est figé et le silence qui englobe tout. Je vais les retrouver un jour. Ils m’acclameront comme un libérateur… C’est bien, vous avez raison de fuir ! « Nevermore ! »

29 novembre 2010

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2 commentaires pour Nevermore… puis ce fut le silence

  1. Anhdao78 dit :

    Notre rapport au temps, qu’il semble soudain s’accélérer ou parfois se ralentir, est sans doute une des clés de notre façon de voir la vie, de vivre notre vie…

  2. bgn9000 dit :

    C’est un sujet très complexe qui mène à une aporie (impossibilité de mener plus loin le raisonnement) , voici deux articles qu’il faudrait que j’approfondisse :
    http://lacademie.wordpress.com/2009/11/09/paul-ricoeur-et-le-concept-de-temps/
    et :
    http://lacademie.wordpress.com/2010/03/29/la-temporalite-chez-martin-heidegger/

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