« la force dramatique et énigmatique des Évangiles tient dans cette contradiction entre la puissance que Jésus manifeste à travers ses miracles, tout le long de sa vie publique, et la non-puissance qu’il manifeste lors de sa passion », Frédéric Lenoir

« la force dramatique et énigmatique des Évangiles tient dans cette contradiction entre la puissance que Jésus manifeste à travers ses miracles, tout le long de sa vie publique, et la non-puissance qu’il manifeste lors de sa passion », Frédéric Lenoir dans « Socrate Jésus Bouddha ». Pour moi, il n’y a aucune énigme, il y a de la cohérence même si elle mène à la mort. Que les miracles aient eu lieu ou non, l’amour de Jésus ne pouvait pas se retourner contre l’objet de cet amour, comme Socrate vis-à-vis d’Athènes et de ses lois. Il n’y a rien à blâmer si ce n’est que pour Jésus, on a surtout retenu la fin, cristallisant nos cœurs de manière presque déraisonnable.

« Jésus n’est pas venu sur terre pour imposer le Règne de Dieu », est-ce que l’homme avait le choix à son époque ? Est-ce que le fils de Dieu aurait agi autrement, de manière si bassement humaine ou bien en essayant de nous élever au-dessus de tout cela, d’oublier la force, la violence, toute volonté de puissance ? Homme ou Dieu, Jésus a apporté un message universel indéniable, d’une portée magnifique. Si Jésus n’était qu’un homme alors l’Homme en ressort grandi, sinon l’Homme a beaucoup de chance d’avoir un être supérieur aussi bienveillant. Jésus mérite notre amour éternel.

« Non seulement Jésus inverse la figure du Messie tout-puissant, mais il inverse aussi celle du Messie terrestre. Il clame haut et fort que son Royaume n’est pas de ce monde. Par cette sortie ‘hors du monde’, il montre que le véritable règne de Dieu est dans l’au-delà… il manifeste l’existence par sa résurrection, puis par son ascension au ciel, ce ciel qui n’est pas un lieu physique, mais le symbole de l’au-delà ». Un paradis sur terre aurait fait l’objet de convoitise alors que l’au-delà n’est accessible que dans les conditions énoncées par Jésus. Certains pourraient aussi faire la remarque qu’un paradis terrestre aurait nécessité des preuves alors que là-haut est un voyage sans retour possible, hormis pour le Christ. Le paradis terrestre existe pourtant bel et bien dans nos cœurs, dans nos esprits. Nous sommes l’émanation de ce paradis. Hélas, il est vain de penser que l’humanité (les hommes et les femmes vivants et édifiant chaque jour notre monde) peut toute entière l’atteindre. Non pas que le chemin soit difficile, mais qu’il n’y a pas de nécessité à première vue, c’est comme arrêter de fumer, de consommer. Au lieu de cela, on se complaît dans notre médiocrité, « l’indifférence et la jalousie », ce qui signifie, au final, de la souffrance.

Attention, il ne faut pas confondre bonne intention et bienveillance, « l’enfer est pavé de bonnes intentions » selon un dicton bien connu. La bienveillance impose de ne rien attendre en retour, de ne rien prévoir, de l’altruisme. Jésus a laissé derrière lui le témoignage de sa vie là où Bouddha a laissé un enseignement (le dharma) complet et une communauté (la Sangha) bien réglée. Différents destins. On peut comprendre que certains aient voulu compléter les paroles de Jésus et que beaucoup d’autres se sont fourvoyés dans des actes et des pensées pas suffisamment profondes, claires ou honnêtes. Frédéric Lenoir, page 279, parle de Dietrich Bonhoeffer qui parlait du Christ comme du « Seigneur des irréligieux ». Je suis d’accord sur le fait que, pour Jésus, le dogme, le culte, les actes extérieurs sont beaucoup moins importants à ses yeux que la pratique de l’amour du prochain. Mais, ce n’était pas dans cette intention, mais pour donner un bon coup de pied dans la fourmilière qui s’était constituée à l’époque en Judée. C’est aussi faux de le croire que de penser qu’il s’opposait au Judaïsme. Si Jésus permet beaucoup de choses comme une vie en tant qu’athée, c’est seulement parce que son amour n’a pas de limite. Malheureusement, personne n’a été suffisamment clair là-dessus au lieu de créer un dogme, en opposition du message de Jésus. Du coup, Hitler a massacré les juifs, par vengeance ? Parce que les juifs avaient érodé Rome de l’intérieur et qu’il leur prêtait un caractère de traîtrise vis-à-vis de la nation dans laquelle ils vivent ? À laisser sous silence des grandes vérités, c’est comme cacher des actes honteux, cela n’apporte que du malheur. À ce titre, je comprends la colère de Nietzsche. Hélas, au lieu de faire éclater la vérité, il s’est attaqué aux mensonges. Le résultat, c’est que le mensonge a triomphé en s’appuyant sur ses paroles pour déstabiliser une vérité malmenée.

30 août 2010

Publicités
Cet article, publié dans Notes, Philosophie, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s