« Apprends à aimer », Frédéric Lenoir

« Apprends à aimer », page 263, Frédéric Lenoir entame le dernier chapitre de « Socrate Jésus Bouddha » avec l’histoire de la lapidation que Jésus a empêchée : « Jésus refuse donc d’appliquer la peine prévue par la Loi… Par ce geste, il témoigne que le pardon dépasse la Loi, et, surtout, qu’il est infiniment plus efficace pour sauver les âmes de leur aveuglement et de leur faiblesse. Jésus montre que l’amour et la compassion sont au-dessus de la justice. Il faut certes qu’il y ait des règles, des lois, des bornes, et nulle part il n’en conteste la nécessité, mais, pour lui, l’application de la justice doit se faire avec miséricorde, en tenant compte de chaque personne, de son histoire, du contexte, mais aussi de l’intention, de ce qui se passe dans l’intimité de l’âme, que nul ne peut sonder et encore moins condamner de l’extérieur ».

Il a l’avantage de pouvoir lire dans les âmes. Mais je crois que c’est à notre portée aussi avec ce que nous enseigne Thay. En tout cas, on sent bien que cette approche a plus d’effet que la punition. Outre le fait qu’ici la punition était fatale, disproportionnée et foncièrement injuste car appliquée à la femme adultère uniquement, je constate, dans une autre proportion, que mes fils s’endurcissent à chaque punition alors qu’ils sont plus réceptifs à des paroles d’amour distillant la voix de la raison. Et la qualité de mon discours dépend fortement de la qualité de mon silence intérieur, de mon calme, au final de ma vision profonde. Et si cela ne suffit pas alors soit cette qualité n’était pas celle que je pensais (intentions cachées ou non présence véritable dans l’ici et le maintenant) soit ils ont besoin de temps pour accepter. Il n’y a pas jugement, il n’y a pas sanction, il y a dialogue et, si besoin, alternatives dont la pièce de paix est une des nombreuses solutions. L’éducation des enfants est une affaire compliquée et rien ne nous y prépare. L’homme moderne est un colosse aux pieds d’argile : il ne sait pas s’aimer, il ne sait pas aimer les autres, il ne sait pas où il va. Et, pourtant les réponses sont nombreuses, mais notre société ne trouve pas opportun d’investir à ce niveau. Toutefois, les choses changent.

Autre point que soulève Frédéric Lenoir est que, pour Jésus, l’amour du prochain, le pardon, est plus important que la Loi, en tous cas que sa stricte application. Du coup, cela me fait penser au jury, au jugement par les pairs. Le repentir est tout à fait possible et la peine pourrait être revue à la baisse. Vaut-il mieux être coupable sans préméditation mais aussi sans repenti, qui n’a pas compris ce que l’on lui reproche ? plutôt que coupable avec préméditation qui a compris la portée de ses actes, qui se repend et qui est honnêtement en train d’envisager les moyens de réparer ce qu’il a fait ? Je pense au film « Sept vies » avec Will Smith, son personnage est très touchant, poignant. Certes, il n’avait rien prémédité et il avait perdu la femme de sa vie (il faut au moins cela à Hollywood pour être un héro crédible). On dira que tout ceci est bien beau, romantique, que sonder les cœurs, les âmes, si l’on n’est pas Jésus, on n’aura pas de certitude. À quoi sert la certitude si rien n’est permanent ? La conviction associée à la vigilance voilà la réponse que je peux donner. Et, Jésus pour les autrui et pour soi-même, et Bouddha pour soi et pour les autres, n’ont-ils pas donné les bonnes réponses depuis plus de deux millénaires ?

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