Rendez-moi mes rêves !

« La recherche de la vérité conduit à la vraie liberté : liberté de l’individu qui s’émancipe à l’égard de la tradition, de l’autorité ou des opinions dominantes de la société ; mais aussi et surtout liberté intérieure de l’être humain qui apprend, grâce à cette vérité, à se connaître et à se dominer », page 237 de « Socrate Jésus Bouddha » de Frédéric Lenoir.

Ce beau discours, j’y adhère pleinement. Toutefois, il y a quelque chose qui me dérange. C’est ce titillement qui me conduit à lire et à écrire : Je ne suis pas sûr que ce soit la vérité ; je ne suis pas sûr que cette vérité existe. De plus, il est question de se dominer, ce qui n’arrange pas mon mauvais sentiment par rapport à cette thèse un peu trop officielle.

« Va vers toi-même et deviens libre », c’est le titre de ce chapitre. L’histoire de l’humanité a montré toutes les facettes de la domination de l’homme sur l’homme. Cette domination était possible, car le dominé ignorait la plupart du temps que la situation n’était pas normale. Dans ce sens, la recherche de la vérité était une cause juste, éducative. Maintenant, doit-on absolument continuer ce processus plus loin ? Ne peut-on pas laisser des illusions à ceux qui les souhaitent ? Pourquoi doit-on imposer une pensée unique ? On sait très bien que l’on peut se tromper, que l’on se trouve souvent. Doit-on briser les rêves ? Ma vie était plus belle quand je pensais dur comme fer que Jésus m’attendait au Paradis. Rendez-moi mes rêves ! Au lieu de cela, on m’a laissé face à un grand vide et le précipice se rapproche sans qu’une seule planche de salut ne se présente sous mes pieds. Comme Icare, à trop se rapprocher du soleil, on s’est brûlé les ailes. Est-on plus libre pour autant ?

Il semblerait que le bouddhisme apporte à l’Occident quelques moyens de retrouver la spiritualité perdue. C’est très curieux, car, comme l’écrit Frédéric Lenoir, la parole de Bouddha n’a pas eu en Asie les mêmes effets d’émancipation que celles de Socrate et de Jésus. Il semblerait qu’en Asie le sentiment d’appartenance à un groupe soit très ancré dans les mentalités. Ce qui est loin d’être le cas en Occident. Du coup, le bouddhisme adapté, à l’image des enseignements de Thay, apporte le vrai message de Bouddha qui est le retour à soi, à notre véritable nature : « Il n’en demeure pas moins qu’il a proposé une voie de libération individuelle et que cette démarche a constitué une avancée décisive vers une prise de conscience, en chaque individu, de la nécessité d’une quête de salut personnelle ».

9 août 2010

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