« Bouddha utilise des mots très durs envers ceux qui se cantonnent dans la théorie au détriment de l’expérience », Frédéric Lenoir

« Bouddha utilise des mots très durs envers ceux qui se cantonnent dans la théorie au détriment de l’expérience, les qualifiants d’ascètes enfermés dans la logique et le raisonnement, qui construisent des vérités sophistiquées mais infondées », page 225, Frédéric Lenoir nous expose la méditation qui est, pour Bouddha, au cœur de la recherche de la vérité.

S’il y a une différence notable entre les trois maîtres, c’est que seul bouddha n’a pas été persécuté. Comme il nous l’enseigne, si on veut changer les autres, il faut se changer soi-même. Le sage indien a atteint l’éveil et il a entrepris d’apporter des réponses aux hommes grâce à sa vision profonde, son calme intérieur lui permettant de comprendre les autres sans le filtre de ses émotions et de ses jugements. Socrate, comme l’indique le « Mythe de la caverne », a vu la lumière et non plus seulement les ombres, mais il était le seul comme Bouddha l’était, seulement dans son cas, il se sentait incapable de se mettre au niveau des autres, de redescendre, de s’accoutumer à l’obscurité. La conséquence est qu’il s’est mis en rupture avec sa société. Jésus, malgré son amour pour les hommes, a été aussi en opposition avec certains, au lieu de les transformer, de les éclairer avec sa lumière. Les trois étaient intransigeants, mais seul Bouddha suscitait un respect pour tous. Ceci dit, Jésus devait mourir pour ressusciter et sa mort expiatoire pour l’humanité de son temps et des temps à venir devait être exemplaire.

Revenons à la méditation. « Ceux qui se cantonnent à la théorie au détriment de l’expérience », à moins d’avoir un don comme Socrate, ne sont pas assurés d’avoir les moyens de discriminer les perceptions erronées des bonnes intimes convictions. Un bon coup de Nietzsche pour chercher ce qui se cache consciemment ou non. Et Freud…

« L’un et l’autre ont pourtant l’intuition, je dirai même l’intime conviction, de l’existence d’une vérité universelle qui concerne tous les êtres, et, surtout, qui est accessible à tous… Mais là où Socrate met surtout en avant l’outil de la raison tout en s’appuyant sur l’introspection, le Bouddha préfère la seule expérience intérieure : il ne s’agit pas tant de découvrir intellectuellement la vérité, de la chercher par le raisonnement, que de déduire de son expérience intime… Pour lui, s’il existe une réponse à l’énigme de l’existence, ce ne peut être qu’une solution concrète ». L’Éveillé se savait unique, les autres le savaient aussi. Il ne donnait que les réponses que ses interlocuteurs pouvaient entendre. Il ne s’agissait pas de prendre le risque de créer des dogmes, des vérités transcendantales, seulement des voies de recherche accessibles à chacun. On peut dire basiquement qu’il s’adaptait. Bien sûr, il avait été un prince, mais Socrate avait été aussi un respectable citoyen d’Athènes. De plus, Bouddha s’en prenait au système des castes. Bien plus tard, le Mahatma Gandhi l’a payé de sa vie. On peut dire que la vie de Bouddha, sa longévité, est une preuve en soi que sa pensée a quelque chose de juste. Il s’est changé lui-même en regardant sa propre souffrance avant de modifier durablement sa société et le monde entier depuis des millénaires.

5 août 2010

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