La suite d’un nouvel humanisme, plus mature selon Luc Ferry

« Nous ne pouvons pas nous penser nous-mêmes ni notre rapport aux valeurs sans faire l’hypothèse de la transcendance. C’est une nécessité logique, une contrainte rationnelle, pas une aspiration ou un désir. »  Luc Ferry dans « Apprendre à vivre ».

La question que l’on peut se poser, à l’instar de Descartes en son temps, suis-je une illusion ? Est-ce que j’arrive à m’arracher à mes racines terrestres comme je le crois ou ne suis-je simplement programmé qu’à m’en croire capable ? Est-ce que la transcendance que l’on ressent en nous et à travers nous n’est pas plutôt qu’une manifestation immanente du vivant, pire une pathologie ? Sommes-nous des perroquets, des singes savants de la pensée ? Personne en dehors de nous-mêmes ne viendra répondre à ces questions. Il nous reste à trouver la réponse dans nos actes. Dépasser l’humain, trop humain. Trouver, prouver, une voie qui réconcilie l’homme du passé et l’homme du futur, l’homme de la nature et l’homme du mental, notre lien avec la terre et le ciel.

Cette quête de la transcendance dans l’humanisme contemporain revient à envisager un avenir possible et porteur de nos actions présentes. C’est en cela que l’espérance est une bonne chose même si elle peut s’avérer impossible à atteindre, source de frustrations. Cela ne tient qu’à nous, à notre manière de rebondir. La frustration est une autoflagellation, une humeur dirait Alain. Au lieu de se dire que si c’était à refaire on le referait, car après tout c’était la meilleure direction à suivre. On n’est pas obligé d’arriver au bout du chemin. Le but n’est pas la fin en soi, juste une indication, un point sur une carte.

Vous vous dîtes sans doute que les préoccupations de philosophes vous dépassent, qu’elles ne traitent pas de sujets qui vous concernent directement, des sujets d’actualité. Ces préoccupations plus immédiates vous concernent-elles véritablement ou ne sont-elles pas artificielles, des produits de consommation ? L’actualité est une vision court terme, du consommable, comme des papillons qui battent des ailes le matin et meurent le soir venu. Un philosophe qui traite d’actualité constate rapidement que ses propos perdent en dimension temporelle, ne survivent pas au contexte qui leur a donné vie. C’est le cas de tout propos philosophiques. Comme l’écrit Luc Ferry, contrairement aux disciplines scientifiques, la philosophie n’invalide pas les thèses précédentes. Elle s’organise comme un oignon, en couches concentriques, même si on a l’impression parfois que les uns réfutent les autres, qu’il y a remises en cause du passé. Et même si Heidegger dit du mal de la déconstruction de Nietzsche, ce dernier remettant en cause les pensées des grands humanistes, Rousseau, Kant, …, ils ne disent en aucun cas que les thèses anciennes étaient fondamentalement fausses, ils disent qu’ils pensent différemment. C’est pourquoi, il y a tant de courants de pensée philosophique, un peu pour tous les goûts.

Revenons à la citation de Luc Ferry au début de cette note. La transcendance est une nécessité logique sinon point de salut. Parmi les nombreux questionnements que l’homme a dans sa vie, il en est un qui me semble incontournable à un moment ou à un autre c’est la question sur le salut, le sien et de ceux qu’il aime. Du coup, il paraît impensable que nous vivions pour rien, rien de plus comme une machine qui est à court de batterie ou qui a une panne irréparable. Il est vrai que vu ainsi, on ne pourrait pas se demander si on prend nos désirs pour des réalités malgré les arguments de Luc Ferry. A-t-on besoin de transcendance comme un besoin de Dieu qui induit nos raisonnements à en croire la nécessaire existence ? C’est vrai que l’homme a prouvé sa capacité à s’élever au-delà de ses besoins vitaux et de ses contraintes biologiques. Il est capable du meilleur comme du pire, capable de se juger, capable de perversion.

15 juillet 2010

Publicités
Cet article, publié dans Notes, Philosophie, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s