Le mental : je pense alors je ne suis plus

On a reconnu immédiatement à quelle célèbre citation je fais référence. Voici le contexte de cette réflexion qui m’est apparue ce week-end en discutant, écoutant, ma très chère épouse. Vivre dans l’ici et le maintenant nécessite de mettre de côté non pas deux mais trois constantes : le souvenir (passé), l’objectif (futur) et l’analyse (mental). Pourquoi sont-ce des constantes ? Que ce soit le souvenir qui appartient au passé, l’objectif qui est une espérance d’un futur, et l’analyse qui est une abstraction de notre situation présente telle qu’on l’appréhende, ces trois troublions sont inhérents à notre existence. Il est communément admis que le passé et le futur empêchent de vivre dans l’instant présent, nous détournent de la réalité. Il est plus rare de parler du mental qui se distingue des deux autres parce que ni le futur ni le passé ne sont nécessaires. On vivre dans le mental même lorsque l’on est dans l’ici et le maintenant. En fait, on se place en spectateur de la réalité, un spectacle interactif. J’avoue qu’il y a un certain confort comme de se souvenir de moments agréables ou de penser à ce que l’on peut faire pour aller de l’avant. C’est pourquoi, je trouve sain de garder un équilibre entre ces tendances naturelles, ce serait comme s’obliger à ne plus rêver. Or c’est précisément l’erreur que commettent ceux qui veulent vivre dans l’ici et le maintenant. Non seulement ils s’obligent à quelque chose, ils s’obligent à ne plus rêver, mais en plus ils sont le plus souvent dans le mental, analysant leur nouvelle situation, en spectateur d’eux-mêmes au lieu d’être acteurs. C’est pour cela que je préfère m’accorder des moments, des lâcher-prise mentaux, en marchant, en respirant, libre de passer du présent au futur ou au passé, libre de ressentir mon corps dans la réalité.

On sent bien les dangers de bonnes résolutions. La plupart du temps ceux qui y souscrivent sont mal préparés aux effets pervers, aux contre-indications. Il en existe dans toute chose ce qui nous permet de ne pas nous attacher à l’une ou à une autre. Tirons parti du meilleur et transformons les énergies négatives au lieu de perdre notre temps et notre énergie dans des croisades inutiles. Si l’homme arrive doucement à une maturité, c’est ce genre de considérations, de retour d’expérience, qu’il doit prendre en compte pour sa survie. Il ne s’agit plus désormais d’assurer notre alimentation, notre protection face à des prédateurs, du moins au sens premier, mais de survivre dans notre tête en allant au-delà de nos idéaux déchus.

7 juillet 2010

Publicités
Cet article a été publié dans Notes, Philosophie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s