Le monde de la technique d’Heidegger

J’aime considérer l’humanité et son cheminement au regard d’une vie d’homme, de ma vie. Dans cette optique, l’humanité a 35 ans. La préhistoire étant le fœtus de l’humanité, on pourrait dire que la naissance, les naissances, ont eu lieu avec des civilisations fondatrices comme la Grèce, les Égyptiens, les Mayas, … Le moyen-âge étant l’enfance. Le siècle des Lumières fut une nouvelle étape trublione que j’attribue à l’adolescence. Ensuite l’humanité a vécu une adulescence (combinaison d’adulte et adolescence) brouillonne avec la mise à plat des acquis, un développement personnel basé sur la recherche de la vérité, sa vérité, une absence de souci de son environnement, des abus, désabusés comme chante Alain Souchon… l’humanité s’est battue contre elle-même au nom d’idéaux fallacieux ou à moitié compris. Puis l’humanité créa la vie comme semble l’exprimer Joël de Rosnay sur la couverture de son dernier livre. La paternité de l’électronique et du génie génétique est incontestable tandis que, face à ce nouveau statut et ayant mis bien derrière elle peu à peu les croyances et les peurs de son enfance, l’humanité continuait à déconstruire depuis Nietzsche au profit d’une société mondialisée.

Cette comparaison n’est qu’une image, mais, me diriez-vous, quel rapport avec le titre de la note ? Comme vous savez, je suis en train de lire « Apprendre à vivre » de Luc Ferry. Il m’introduit maintenant à la philosophie moderne. Après le tournant que Nietzsche a fait prendre à l’histoire des idées, Heidegger est encore un personnage trouble à croire que la philosophie a eu une mauvaise passe à l’instar du XXème siècle. Cependant, aux yeux de Luc Ferry, il mérite un focus, comme Nietzsche, plus que tout autre philosophe. Pourquoi ? simplement, parce qu’il a été le premier à formaliser les revers de la démarche Nietzschéenne, à savoir la déconstruction systématique des valeurs réactives conduisant à une société qui ne sait plus réagir, avançant mollement vers l’abattoir, qui a perdu sa finalité, esclave d’elle-même. Ce modèle de société, qui a gagné le monde entier comme le prédisait  dans « Le Talon de fer » Jack London, est nommé par Heidegger : « le monde de la technique ».

En tant que pur produit et producteur de techniques, ma première réaction fut le rejet et de considérer Heidegger comme un de ces « as been » qui ont peur de la nouveauté.

Bien sûr, je ne me permettrai de juger cet homme avec aussi peu d’éléments ni même si je devais y consacrer une thèse ; Il est assez difficile de connaître les vivants, que dire des morts. Toutefois, je reste persuadé intuitivement que cette technicité n’est que l’arbre qui cache la forêt et, n’en déplaise à Luc Ferry, il existe des acteurs comme il en a toujours existé. Même si la vache à lait produit toute seule, que Frankenstein échappe à ses créateurs, la société de consommation à la fois carotte et bâton du capitalisme, lequel a trouvé des lettres de noblesse dans l’idéal du libéralisme, est bien la pieuvre qui nous retient à quai.  « Trop riches pour survivre, trop pauvres pour s’enfuir », chante encore Alain Souchon.

15 juin 2010

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