Je crois en Dieu, en Jésus Christ

J’ai aussi appris que l’homme sait très bien mystifier ses semblables. Du coup, je regarde d’un œil critique la pratique religieuse, je ne pratique pas d’ailleurs en grande partie pour cette raison. Par contre, je pense fortement à lui, l’homme, le seigneur confident, et je le remercie pour ce qu’il a fait pour nous, amour et compassion, fraternité et espoir. Je lui envoie dès que je peux mes joies.

Bref, je ne suis pas athée, mais areligieux, c’est à dire non opposé, car chacun fait ce qu’il veut et a le droit de retrouver son dieu s’il en éprouve le besoin, plutôt indifférent à la doctrine et haïssant les idéaux, les positions tranchées qui éloignent et qui se croient supérieures au vivant. En cela, j’adore Nietzsche. Un comble alors que mon père me dit toujours et encore aujourd’hui et sans rire : on n’adore qu’un seul dieu. D’ailleurs à ce propos, je crois aussi en Bouddha, sa sagesse m’éveille.

Maintenant est-ce que je crois en un salut dans l’au-delà ? Rien n’est moins sûr. Si je crois dans les hommes que furent Jésus et Bouddha, je crains que le reste ne soit qu’un conte de fées, mais j’y crois quand même un peu. Opportuniste ? Disons que oui et non, si le paradis existe je souhaite au plus profond de mon cœur y aller. Mais si c’est une invention des hommes, une instrumentalisation du message du Christ par des individus qui cherchaient à faire du tort à Rome… je préfère en rester à la promesse du Christ, le pardon jusqu’à la dernière minute. Quand il viendra me chercher, si c’est celui en qui je crois, il me prendra dans son paradis. Ce n’est donc pas de l’opportunisme, je ne peux pas me permettre de condamner ses actes ou plutôt son absence d’actes. Je ne connais pas ses desseins ni sa véritable nature puisque je pense que raisonnablement qu’il existe d’autres entités telles que l’homme voire bien supérieures à l’homme dans l’Univers.

Voilà comment se caractérise ma foi, elle est vivante en moi, elle est un héritage de mes ancêtres génétiques et de mes ancêtres de la terre. J’ai conscience qu’elle m’a été donnée, inculquée. Ma personne actuelle n’est pas forcément croyante, mais je compose entre le petit enfant que je suis toujours et l’adulte que j’ai toujours été. Pour ce qui me concerne, j’ai beaucoup évolué depuis ma prime enfance, mais au final je suis et je mourrais le même. C’est aussi pour cela que je n’ai pas perdu ma croyance en Dieu. J’adapte sans cesse, comme en chimie, rien ne se perd.

Alors dans ce cas la question que l’on pourrait me poser serait où en es-tu ?

Je crois que la réponse se situe au Village des Pruniers où l’on enseigne inlassablement les messages de sagesse de Bouddha, la philosophie bouddhiste. Parmi ces messages il en est un essentiel pour moi dans la quête du salut, c’est la qualité de nos ici et nos maintenants et la continuation. C’est-à-dire ce qu’on laisse sur cette terre. Il s’agit des influences sur des personnes qui sont notre continuité spirituelle, influences bonnes de préférence, et de nos enfants qui sont notre continuité biologique. Je crois que nous formons une chaîne des vivants. Cette continuation n’a rien de mystique, ni ne constitue pas un idéal. C’est un fait. L’interdépendance des êtres à travers les pensées et les actes sont autant un fait scientifiquement recevable que l’est l’ADN.

À propos d’ADN, nos ancêtres de la terre nous ont légué un patrimoine génétique qui nous caractérise. Toutefois, ne croyez pas que nous soyons identiques. Par exemple, mon grand-père est mort d’un infarctus, ma mère souffre d’un ulcère encore incurable, dois-je considérer malades ou simplement faibles mon cœur et mon estomac ? Chaque organe a ses forces et ses faiblesses, on ne peut pas présumer selon l’usage que l’on lui impose s’il sera malade ou pas. Nos vies ne sont pas comme celles de nos parents. Nous avons de plus un cœur et un estomac mélangeant les cœurs et les estomacs de nos parents. Et même si la génétique nous prouve que la nature privilégie un organe à 100% du père ou de la mère, le vécu est beaucoup plus important que le capital de départ. Soyons donc à l’écoute de notre corps et pas à l’écoute de notre mental qui interprète nos afflictions suivant les graines que nos ancêtres spirituels ou génétiques ont semées.

Le second aspect de la quête du salut que j’ai acquise avec le Bouddhisme, dont je ne suis pas l’un des convertis à la religion bouddhiste, c’est l’ici et le maintenant. Je n’en viens pas à considérer comme un célèbre empereur romain qu’il ne faille vivre que dans l’instant présent. Je pense que le passé et le futur peuvent donner une saveur à notre présent, une qualité. Je n’aime pas les extrêmes ni le milieu qui est aussi un extrême.

Dès lors, pourquoi aurais-je peur de la mort ? Pour reprendre Marc-Aurèle, l’instant d’avant je vivais. Et la durée de sa vie qu’elle soit longue ou courte n’est au final qu’un instant, car c’est la seule partie de la réalité que l’on perçoit. La crainte, c’est plutôt la souffrance, outre celle que l’on partage tous quotidiennement, la douleur causée par la maladie. Si je devais souffrir de cette manière alors j’en viendrais à souhaiter que la mort me prenne. Autre visage de la mort, comme le décrit Luc Ferry dans « Apprendre à vivre », c’est la page qui se tourne, l’enfant qui quitte le foyer familial, du temps qui passe irrémédiablement. Cette mort-là on la pratique un peu chaque jour, à chaque fois que l’on couche. Dormir me faisait peur à cause de cela quand j’étais petit. L’ici et maintenant, vivre dans le réel et dans le présent, être vraiment là pour les êtres que l’on aime. Voilà la véritable réponse a cette inquiétude. Il est souvent plus évident de comprendre en quoi la continuité est une réponse à la crainte de la mort. La transmission nous délivre de la crainte d’avoir fait tout cela pour rien, nous permet de penser que l’on continuera à participer. L’ici et maintenant est la réponse en amont, il permet de remplir sa vie, de colorer sa transmission, de boucler la boucle. De toute manière tout a une fin, cessons d’y penser, apprenons à vivre, entre temps vivons !

6 mai 2010

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8 commentaires pour Je crois en Dieu, en Jésus Christ

  1. Bonjour,
    Sur les milliards d’êtres humains morts depuis que l’humanité existe, il n’y en pas un seul qui est revenu pour nous raconter ce qui se passe y a de l’autre côté…
    Pourtant ii y a des milliers de prêcheurs (ou bonimenteurs ou prophètes) qui nous disent ce qui se passera après la mort…
    C’est pourtant simple, je laisse à chacun sa réponse !

    « Il est bien plus difficile qu’on ne croit de ne pas croire à Dieu. »
    « Se passer de Dieu… n’y parvient pas qui veut. »
    « L’homme est responsable de Dieu. »
    Ces trois phrases sont de André Gide

    • bgn9000 dit :

      Cela semble en effet très logique de penser ainsi. J’ai appris depuis à reconsidérer que le mystère de la foi vient du fait que nous sommes très limités par rapport au divin. Nous avons cependant l’intuition de l’existence de Dieu qui se manifeste de diverses façons pour nos consciences limitées. Je crois que l’homme falsifie non intentionnellement le message de Dieu. Il n’y a aucune intention de sa part de nous envoyer des émissaires de l’au-delà car nous ne serons pas en mesure de les comprendre malgré tous nos progrès. C’est simplement mon opinion.

      • pierre28dw dit :

        Quel divin, où est-il ? Ah une intuition ? Le message de dieu ?
        Pas d’émissaires car je ne les comprendrais pas ? Quelle invention !
        Ferais-tu partie de ces bonimenteurs ?
        « L’homme est responsable de Dieu. »

      • bgn9000 dit :

        Il s’agit simplement de mon sentiment, de mon humble compréhension. Le divin est tout autour de nous et en nous.
        Je sens de la colère dans tes propos qui tranche avec ton positionnement. Je ne te blâme pas. Le sujet nous concerne profondément. Il nous touche.

  2. Comment oser parler des intentions de Dieu que je ne comprendrais pas ?
    Mais moi je dis « Comment oser inventer de telles choses ? »
    Toute ma vie j’ai espéré pouvoir y croire…
    Quand tu es seul dans ta maison la nuit, soudain tu (crois) entends du bruit… tiens, il y a quelqu’un ? Tu l’appelles, pas de réponse !
    Peut-être était-ce un vieux meuble qui gémissait ? Ou un signe de l’au-delà ?
    Si tu laisses aller ton imagination, alors tout est permis.
    Tu peux aussi devenir « bonimenteur » agréé et de bonne foi ! Et comme disent certains
    « Pour croire, il faut la foi »

  3. Aucune colère n’est en moi et je ne te blâme pas non plus.
    Toi tu parles d’un sentiment de ton humble compréhension, que le divin est tout autour de nous et en nous… Mais où as-tu été cherché cela ?
    Pour expliquer d’une manière pseudo logique ton besoin de croire à ce qui n’existe pas ? Ou ta peur de périr dans la géhenne ?
    « Se passer de Dieu… n’y parvient pas qui veut. »

  4. bgn9000 dit :

    Les intentions du divin (que l’on nomme Dieu dans nos représentations humaines) nous restent mystérieuses. Certains ont essayé avec des intentions plus ou moins nobles de nous faire parvenir ses messages. La plupat du temps avec un résultat galvaudé ce qui nous apporte frustration et colère ou simplement mépris. Et pourtant le divin est partout autour de nous. Pour être en communication avec lui, le mieux est de choisir l’une de ces représentations en délaissant ce qui paraît très clairement de la manipulation. Vivre avec sérénité sa foi c’est ce que je vis depuis des années. Il arrive aussi parfois que les circonstances prêtes à retrouver le chemin de l’église quelqu’elle soit, sans honte, sans culpabilité, en laissant les choses humaines qui sont souvent des choses du passé à leur juste place.

  5. 1 – Vivre avec sérénité, OUI. Avec ou Sans foi, cela est aussi possible et bien !
    2 – Combien de catholiques que j’appelle « Modernes » prennent leur religion comme une assurance vie (plutôt comme une assurance après la mort), c’est-à-dire ne pas oser reconnaître qu’ils ne croient plus, et ne plus pratiquer par fainéantise, ainsi ils croient garder une assurance d’aller au paradis. (quelle connerie)
    3 – Je connais un homme généreux et BON dans le vrai sens du terme, mais qui n’est pas croyant. Et son voisin un fervent catholique, pratiquant, dans le respect de dogmes, mais acariâtre, méchant envers son prochain. A ton avis LEQUEL sera sauvé selon tes croyances ?
    4 – Il y quelques années, on a supprimé le purgatoire (Ah tiens ?) Alors que dans ma jeunesse, combien de fois ne me suis-je pas privé de petits plaisirs afin de gagner des indulgences partielles pour raccourcir le temps de mon père qui devait s’y trouver, (un brave homme mais pas parfait, décédé alors que j’avais 11 ans). En supprimant le purgatoire, OU sont parties toutes ces « AMES », en haut ou en bas ? ? ? Le paradis ou l’enfer ? ? ?
    Amicalement.

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