Depuis le départ de mes grand-mères, à 35 ans, j’ai perdu mon sentiment d’immortalité

Mes grand-mères. N’ayant pas connu mes grands-pères puisque mes deux parents les ont perdus à l’adolescence, j’ai eu des relations privilégiées avec elles. Notamment, l’une, à Nîmes, mamie était une seconde mère remplaçant ma propre maman qui devait travailler assez tard, mais aussi affectivement puisqu’elle m’a transmis sa sensibilité et son altruisme. Ma seconde grand-mère est ainsi très chère à mon cœur, elles sont parties toutes les deux à une année d’intervalle.

Ce matin, au stage Santé et Bonheur en Normandie, nous avons abordé les souffrances de nos ancêtres que l’on hérite dans la continuité de l’interdépendance des êtres, en plus de la transmission génétique.

Comme je disais, mamie m’a transmis sa sensibilité, aussi ses souffrances qui en découlaient et qui en prenaient la source, la perte de son mari. Tandis que ma mère me transmettait sa souffrance par la distance qu’elle mettait entre nous-mêmes quand elle était à la maison ; ma mère est une gestionnaire qui gouverne seule. Bien sûr, j’ai hérité des deux femmes.

Mes études furent en rapport avec mon empathie. La volition non déclarée des uns et des autres a trouvé un écho, une brèche pour s’engouffrer. Je suis devenu informaticien (mon père travaillait chez IBM) et un peu comptable (je gère ma société et je travaille dans la finance). Bien sûr, j’avais d’autres flèches à mon arc. Comme mon père j’ai le goût du voyage et l’envie de faire mieux que ma condition. C’est pourquoi j’ai quitté pendant mes études ma région (j’y suis retourné mais d’une manière différentes) et pourquoi je travaille si fort à prouver mon mérite dans un domaine réputé très difficile.

Depuis le départ de mes grand-mères, à 35 ans, j’ai perdu mon sentiment d’immortalité. Je n’étais plus protégé par elles, j’avais subi une perte, irrémédiablement. Il est devenu question de quête de salut. Cela a déclenché des questionnements, un besoin de vivre ma vie avec eux à l’intérieur de moi. Je prends leurs souffrances et les miennes, je les accueille, les caresses pour les aider à les transformer. Les combattre serait un affaiblissement interne de ces énergies internes. Je ne dois pas tomber dans le travers de leur prouver mes vues, je dois leur servir de guide pour leur montrer ma vie, celle que je veux vivre, sans urgence. Profitant d’une infinie qualité de vie au lieu d’une quantité infinie, l’ici et maintenant associé à un projet de vie, le moteur de mon existence.

5 mai 2010

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2 commentaires pour Depuis le départ de mes grand-mères, à 35 ans, j’ai perdu mon sentiment d’immortalité

  1. aCcoducculawn dit :

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