Intelligence et conscience

Intelligence et conscience, différences, interférences et cohabitation nécessaire, sur ce dernier point un peu comme l’homme et la femme. Pour l’une comme pour l’autre il faut en parler au pluriel. À l’école de mes fils, en maternelle, il est enseigné aux instituteurs comment développer les huit intelligences de l’enfant (calcul, dessin, musique, lecture, relation avec les autres…) et on pourrait facilement décliner la conscience en plusieurs catégories que je vais expliciter plus bas. Mais tout d’abord, je préfère souligner la différence essentielle entre ces deux notions afin de bien les distinguer.

Chaque intelligence est une unité de traitement alors que chaque conscience est une unité de soi. Ensuite, les capacités de ces consciences ne dépendent que des capacités de traitement donc des intelligences à disposition tandis que ces dernières ont besoin de consciences pour savoir ce qui est nécessaire d’évaluer, à défaut de n’avoir rien à faire ou à être exhaustif.

Ainsi, je conclue que chaque être vivant sur terre ou ailleurs est doté d’intelligence et de conscience à des degrés différents de capacités et d’interfaces avec l’extérieur. Ainsi un arbre a sûrement une intelligence et une conscience développée et adaptée à son manque de moyens de communiquer ou de se mouvoir mais aussi à sa grande stabilité et ses connexions avec la terre et le ciel.

Mais revenons à nous, pauvres humains prétentieux, « connais-toi toi-même » est une tâche suffisamment ardue alors ne nous aventurons pas trop sur d’autres terrains.

Nous avons parlé des différences, des interférences et autre cohabitation, mais qu’est-ce que la conscience, au final ? Pour moi, la conscience est le moyen de locomotion dans le temps. Il y a la conscience du passé, du présent et de l’avenir (les possibles, les objectifs ou l’imaginaire). On s’y meut allégrement de l’une à l’autre, telle une vague, un flux un reflux. On y puise réconfort ou peine, alluvions ou sable.

Chaque conscience doit être traitée avec tolérance, sans en brider aucune, car s’il n’est pas très bon de vivre   constamment ni dans le passé ni pour le futur, ne vivre que dans l’instant présent n’est pas bon non plus, comme le disait Thay à propos de l’estime de soi (ni se surestimer ni se sous-estimer ni s’estimer non plus). Et pourtant de la qualité du présent dépendra de la qualité du futur passé, car bien vivre maintenant laisse de bons souvenirs et enrichit les perspectives d’avenir.

La conscience a besoin d’intelligence pour comprendre ce qu’elle est et où elle vit. La conscience a aussi besoin de capacité de stockage et surtout de pertinence pour retrouver les informations stockées. Elle fait appel à une intelligence que l’on nomme mémoire et qui, contrairement à la croyance populaire, ne sert pas à retrouver le passé, mais sert à stocker des pensées ou des idées que l’on croit à tors être des souvenirs alors qu’il ne s’agit que d’analyses de situations qui sont de notre de fait mais aussi et surtout qui nous sont inculquées. La mémoire contient donc autant de passé que de prospectives sur l’avenir, d’objectifs, même si parfois pour certains et le plus souvent pour d’autres tout cela est enrobé de beaucoup d’imaginaire.

La conscience a aussi besoin d’instinct qui est aussi une intelligence, une capacité d’analyse des situations immédiates que l’on décrit souvent comme ressentis. Nos amis les animaux en sont bien pourvus pour compenser leur manque de mémoire et leur manque de langage évolué. D’ailleurs, le langage parlé, la codification de nos pensées, est une intelligence essentielle que l’homo-sapiens a su développer et nous sommes allés plus avec l’écriture, maintenant dématérialisée. Toutes ces intelligences mises bout-à-bout éveillent la conscience à des degrés divers suivant notre intelligence à les canaliser et leur utilisation.

L’éveil de Bouddha a été une parfaite harmonie entre sentiments, intellect et conscience. Imaginer que vous voyez clair en toutes choses et tout être grâce à votre paix intérieure, la bulle d’air. Une analyse psychiatrique sur soi est nécessaire pour pratiquer sur les autres.

L’harmonie intérieure tient à l’acceptation et la compréhension des flux qui nous traversent. L’intégrité n’est ni dans le rejet ni dans la soumission mais l’acceptation éveillée, favorisée par la compréhension, dans l’équilibre de nos mécanismes internes. La bulle d’air protège en laissant passer les agressions extérieures transformées en énergie nouvelle, en soleil. Aucune naïveté, aucun jugement, laisser passer ces sentiments naturels pour ne pas se focaliser sur eux, l’éveil n’est pas une performance, c’est un état. La conscience galvanisée, l’intelligence bien employée, dans le respect de soi et de ce qui nous entoure.

6 avril 2010

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