»Il y a dans la vie périlleuse du marin une indépendance qui tient de l’absence de la terre », Chateaubriand

 »Il y a dans la vie périlleuse du marin une indépendance qui tient de l’absence de la terre », livre sixième, chapitre 2 des « Mémoires d’outre-tombe » de Chateaubriand.

Je remplacerais bien indépendance par solitude. Si vous demandez à ma sœur et à moi ce que l’on pense de cette indépendance au milieu des flots, enfermés sur un bateau, sans disposer de lieu d’intimité. Nous aimions comme la guigne les balades en mer sur le bateau de mon père. Et pourtant, peut-être par nostalgie, ma sœur participe encore à des régates, 25 ans plus tard, au grand dam de mon père qui n’a plus de bateau désormais. Lui qui avait découvert la mer tardivement, juste avant d’entrer dans la marine à 18 ans. Lui qui parcourut les mers et les océans quitta la marine et retrouva la mer en tant que plaisancier quelques années plus tard.

Il nous a transmis des envies de voyage. Cette absence de la terre citée plus haut provoque un désir de la revoir et si possible d’en trouver une nouvelle, un désir d’évasion. Mais chez le marin véritable, la mer est le silence des hommes avec par hasard des rencontres, l’indépendance dans la navigation sans chemin ni balise hormis le cap. La terre n’est que la limite à ce terrain de jeu et il lui est difficile de s’abstenir de la connaître afin d’évoluer dans son domaine.

 »Le temps emporte et sépare les voyageurs sur la terre, plus promptement encore que le vent ne les emporte et ne les sépare sur l’océan ; on se fait un signe de loin : ‘Adieu, va !’ Le port commun est l’Éternité. »

Vivement internet et le téléphone portable, ils ne rapprochent pas les hommes, mais les gardent en contact. On n’a plus besoin d’être proches. Hélas, le temps est malin puisqu’il a trouvé d’autres moyens que la distance et les mers pour séparer les hommes. Chacun rivés à nos écrans, isolés comme au milieu des flots. Capables de joindre à tout moment qui on veut mais en définitive ne le faisant pas, n’en ressentant pas le besoin, trop occupés. Pour sûr, on assistera bientôt au décès de nos parents en visioconférence.

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