« Une seule chose a attiré mon attention : l’aiguille d’une pendule fixée sur la minute où Frédéric expira », Chateaubriand

« Une seule chose a attiré mon attention : l’aiguille d’une pendule fixée sur la minute où Frédéric expira ; j’étais trompé par l’immobilité de l’image : les heures ne suspendent point leur fuite ; ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme. Au surplus peu importe le rôle que nous avons joué dans la vie ; l’éclat ou l’obscurité de nos doctrines, nos richesses ou nos misères, nos joies ou nos douleurs ne changent rien à la mesure de nos jours. Que l’aiguille circule sur un cadran d’or ou de bois, que le cadran plus ou moins large remplisse le chaton d’une bague ou la rosace d’une basilique, l’heure n’a que la même durée », livre quatrième, chapitre 1 des « Mémoires d’outre-tombe ».

La pertinence des propos de Chateaubriand est magnifique quoique un peu trop centrée sur la fin, sur le futur, le non-avenir de l’homme, de l’individu, soumis au temps qui passe, irrémédiablement.

Mais, car il y a toujours un ‘mais’ puisque le doute est toujours permis, qu’il est de rigueur. Mais, si l’on considère de nos jours la différence notable entre l’espérance de vie dans les pays riches et celle dans les pays pauvres : un peu plus de 80 ans dans les uns et un peu moins de 40 ans dans les autres. Dès lors, la seconde remarque de l’auteur n’est plus d’actualité. Par contre, hélas, l’homme n’est toujours pas capable d’arrêter le temps, même pour un instant, même si l’hibernation est une technologie possible mais non encore garantie. Elle n’a encore jamais été pratiquée à ma connaissance sur un homme encore en vie, mais, peut-être, sur des trépassés dans l’espoir que dans le futur on soit capable de les réveiller de la mort et de les guérir de la maladie (si ce n’est la vieillesse) qui les a tués. Je pense aussi à H G Welles et sa machine à remonter le temps ainsi que toute la littérature fantastique qui s’en est ensuivie. Que diriez-vous Monsieur de Chateaubriand si on venait au soir de votre vie vous dérobez aux griffes du temps pour que vous puissiez ajouter à vos Mémoires un récit de voyage au XXIème siècle !

Tout ça pour dire que vivre dans perspective de la fatalité cela ne s’appelle pas vivre. Que comme l’écrivait Alain dans ses  »Propos sur le bonheur », l’imagination n’est pas bonne conseillère. Je ne sais pas pourquoi chez l’auteur des Mémoires il n’en fut pas ainsi : Mes peurs enfantines, comme celles de Chateaubriand bien que 5 rue Thierry à Nîmes soit une gentille maisonnette à côté du lugubre Château de Combourg où j’aurais été mortifié et sans aucun doute aussi traumatisé que lui voir plus, mes peurs m’ont conduit vers une imagination de force, de conquête de la puissance, de Chevalier, de Seigneur avec tout le mythe que cela comporte en notre époque moderne, aidé des récits fantastiques de la lecture de Super héros.

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