L’art ne s’improvise pas, il se dompte

Même si on a très envie de chanter, de danser, de peindre ou d’écrire, derrière tout cela il y a du travail. Même une facilité initiale n’est pas si bonne si l’on considère Picasso par exemple qui a cherché toute sa vie à faire des dessins d’enfants, lui qui savait si bien dessiner. Bien sûr, le plus souvent une certaine facilité peut être souhaitable et participe de la vocation initiale, de la révélation. Mais de toute manière, l’exigence, qui en découle, pousse toujours à aller plus loin, à suivre son propre chemin.

De toute manière, l’art n’a rien à voir avec la performance. L’art c’est de l’humain transcendé, la beauté n’est qu’esthétisme. L’esthétisme est art mais ce n’est pas une surenchère du beau.

C’est pourquoi il ne faut confondre perfection et art. La perfection si elle tient plus de la performance que de la maîtrise est inutile face à la technologie et sa course progressiste. Le meilleur appareil de photographie numérique n’est rien si le photographe se contente de shooter au hasard, espérant un cliché exceptionnel. De même que celui qui s’obstine à régler son appareil, à en maîtriser les fonctionnalités complexes sans y mettre un zeste de lui-même, de compassion avec son sujet, qui reste sur le superficiel, sur le beau, sur la performance de son appareil, sur ses qualités de photographe. Il faut une âme, voire deux, celle du sujet photographié et celle du photographe. L’art distingue l’humanité du règne animal comme jadis l’âme distinguait l’homme de la bête. Et le merveilleux dans tout cela est qu’il est tout à fait possible qu’un homme fasse de l’art avec un appareil photographique numérique et des prises de vue au petit bonheur la chance. Ce ne sera qu’en apparence, ce sera sa manière de procéder mais au fond il y aura ce supplément d’âme, bien qu’au premier abord cela paraisse inexplicable.

Nous revenons donc à ce que disait Maria Joao Pires sur le chemin. On se cherche, idéalement toute notre vie, et on se trouve tout ou en partie au fil de nos rencontres, à chaque fois une intensité différente, on tourne autour de soi et du monde qui nous entoure. À la fin, nous avons une œuvre.

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