Le perfectionnisme selon Bernard Giraudeau

Le perfectionnisme selon Bernard Giraudeau aurait été la cause principale de son cancer. Depuis il a appris à devenir exigeant plutôt que perfectionniste.

Je rétorquerais pour ma part que les causes d’un cancer sont assez nombreuses et mal appréhendées bien que la tendance se focalise actuellement sur l’alimentaire. Bien sûr, une orientation comportementale comme le perfectionnisme peut avoir un effet de bord sur notre alimentation ; À force de tirer sur la corde, on néglige certains aspects à l’instar de celui qui voudrait optimiser son trajet en voiture en se focalisant sur la trajectoire oubliant quelque peu le verglas un matin pas comme les autres.

Le perfectionnisme est un jeu dangereux. Il demande des compétences particulières (santé, ouverture d’esprit, imagination) afin d’élargir nos décisions au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la direction que l’on a choisi d’explorer, de maîtriser ; Quand on veut être perfectionniste, il faut que ce soit dans toutes les directions ; On ne bâtit pas un monument sur de l’argile, il faut perfectionner chaque étape de l’édifice. Imaginer une mission de la navette spatiale Atlantis qui échouerait parce que l’on a oublié les urinoirs.

Je pense que le perfectionnisme est une belle chose, car elle conduit à des grandes réalisations, à un dépassement de soi. Cela s’apparente à de la persévérance avec un brin de folie, un bouclage compulsif vers une amélioration permanente. Ce que l’on retient, hélas, ce sont les excès. Ce que l’on oublie c’est un remède puissant est aussi nocif que bon. Alors soyons exigeant si l’on veut être perfectionniste.

Autre chose passionnante, à la retraite « Santé Bonheur » (quelques jours après avoir écrit cette note) le professeur de Thaï Chi, un moine, un avignonnais d’apparence taciturne, nous sort l’air de rien « On apprend des extrêmes ». Il venait de raconter un fragment de vie de Bouddha où il fut soigné par une femme alors qu’il venait de s’évanouir à force d’ascétisme, de privations, d’excès de refus de tous les bienfaits qu’il avait connu durant sa vie de prince. Il a appris. Il y a une voie du milieu. Mais comme pourrait dire Thay, même la voie du milieu peut devenir un extrême. À l’instar des erreurs, les extrêmes sont une bonne chose si on est capable de les identifier, de les embrasser par la compassion, la vision profonde, la concentration et la pleine conscience.

Pratiquer donc le perfectionnisme dans la pleine conscience, dans l’impermanence. C’est-à-dire, ce perfectionnisme doit supporter des pauses, des jours de paresse, dès lors que votre conscience profonde et votre recul vous alertent de la nécessité de ces arrêts.

Un maître est un perfectionniste équilibré. Perfectionniste pour maîtriser son art. Équilibré pour transmettre sa vision.

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