Je suis un homme des idées

Je suis un homme des idées, un cognitif, renforcé par un très fort imaginaire qui me permet de voir le monde tel qu’il est, tel qu’il devrait être, tel qu’il pourrait. Alors pour ceux qui ont besoin de descriptif, d’images, de sons, d’odeurs et autres sensations, allez au cinéma. Une bonne caméra et un bon réalisateur seront toujours meilleurs que le stylo et un écrivain. Ce n’est plus une question d’art, mais de technique que souvent confondent ceux qui s’acharne à produire des records quand il ne s’agit pas de cacher des ambitions plus pécuniaires.

Quand je lis un roman, je ne m’attarde jamais sur les descriptions. Un personnage prend de l’épaisseur par ses actes et ses paroles non pas par son aspect. Comme on dit « L’habit ne fait pas le moine ». Je laisse mon imagination prendre le relais d’une description trop longue. La plupart du temps je ne lis pas le passage ou alors seulement en mode automatique du style  »réveillez-moi s’il se passe quelque chose d’intéressant. »

À ce propos, j’écoutais ce matin, sur Radio Classique, Robert Sabatier, auteur du roman  »Le cordonnier de la rue triste », qui plaçait le lecteur à un niveau créatif comparable ou plutôt complémentaire à celui de l’écrivain puisque, par son propre imaginaire, il fait revivre les personnages en y apportant sa touche personnelle. Il y a donc un lien quasiment physique entre les écrivains et leurs lecteurs. Les uns comme les autres s’identifiant aux personnages qui évoluent à l’intérieur d’eux se transmettent passions, peurs, espoirs, désillusions, sentiments divers et variés, intertextualité littéraire, culture, raisonnements, expériences, … On peut l’apparenter à un patrimoine génétique de la pensée.

Dès lors que transmettre ? Aussi bizarre que cela paraisse, le processus doit se faire dans les deux sens pour que la magie opère. Il faut donner de la place au lecteur. Robert Sabatier souhaite que le lecteur aime Mac le cordonnier de la rue triste. Et cet amour n’est possible que si le lecteur fait son propre travail d’identification à travers son imaginaire, son vécu, son univers, l’intemporalité de la condition humaine.

Il n’y a donc pas de règle précise, de recette toute prête. Il faut simplement éviter le surdosage. Il faut équilibrer entre donner à voir, suggérer et déléguer au lecteur, le faire participer en lui fournissant les clés. Un aller-retour créatif, comme un professeur et ses élèves, comme un animateur et ses invités, une maïeutique littéraire.

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