« Si l’irrésolution est le pire des maux, on comprend que la cérémonie, la fonction, le costume, la mode soient les dieux de ce monde », Alain

« Si l’irrésolution est le pire des maux, on comprend que la cérémonie, la fonction, le costume, la mode soient les dieux de ce monde. Toute improvisation irrite, non pas tant par l’idée de ce qu’on pourrait faire ou dire d’autre, mais plutôt par le mélange de deux actions dans le corps, ce qui affole nos serviteurs les muscles, et par un prompt effet, le cœur, notre tyran… C’est pourquoi la liberté rend l’homme méchant. L’enfant le montre ; il n’y a point de jeu libre qui ne tourne au brutal. », Alain page 180, chapitre « Cérémonies » de ses « Propos sur le bonheur ». Évidemment, Alain ne fustige pas la Liberté comme grand principe humaniste. Il exprime que, comme dans toute chose, il a du bien et du mal. La liberté n’existe qu’avec la contrainte. Comme le bonheur n’existe qu’avec les difficultés. Comme la réalisation n’existe que dans le travail. Comme la réussite n’existe qu’avec les échecs… Et si l’irrésolution en est la conséquence, elle-même la somme de plusieurs indécisions ou sous le coup d’un choc comme la peur. Toutes ces indécisions sont solubles dans une bonne hygiène de vie et une bonne organisation basées sur la Cérémonie. Mais là aussi, gare aux effets pervers, victimes de la mode.

Dimanche dernier, j’ai pratiqué une séance de Tai Chi. Une cérémonie, une danse, une gymnastique avec l’énergie du groupe dont la fonction est le renfort mutuel, la nécessité de bien se comporter, de persévérer, de montrer que c’est possible, sans improvisation, sans indécision si ce n’est quelques maladresses que nous commettions tous donc sans jugement et sans compétition, une cérémonie du corps avec l’énergie spirituelle de nos inter-êtres pleinement conscients du moment partagé. Dans ces stages Zen à la mode, beaucoup des idées d’Alain sont présentes.

« La loi plaît, et au contraire l’absence de loi déplaît et irrite par l’irrésolution, ce qui jette à l’extravagance. L’homme nu est frénétique. Le costume est déjà une loi et, toute loi plaît comme un costume. Louis XIV eut un pouvoir étonnant et en apparence inexplicable sur ceux qui l’approchaient ; cela venait de toutes les lois qu’il établissait, pour lever, coucher, chaise percée. Il ne faut point dire que c’est parce qu’il avait la puissance qu’il imposait ces lois ; mais au contraire, il faut dire qu’il avait puissance parce qu’il était lui-même loi… D’où quelques idées de la paix égyptienne. »

Loi et costume, Liberté, Alain donne les clefs non pas pour refonder une dictature puisque l’on connaît les limites liées au temps et à l’extravagance de son maître. Après tout, qui s’occupe du dictateur bien que lié à son rôle, de ses indécisions, une méta loi ?

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