»Propos sur le bonheur », Alain

 »Je cherche des raisons et j’en trouve toujours, car tout est compliqué et qu’il y a des risques partout. », Alain, page 186, dans le chapitre « Voeux » qui suit un autre chapitre intitulé « Bonne Année », mettant l’accent sur ce point particulier de ses  »Propos sur le bonheur ». Nous disions précédemment que l’Homme est physiologiquement orienté vers la nouveauté. Il suffit de voir le regard éclairé du nouveau-né qui attrape un objet banal pour nous, nouveau pour lui. Une orientation dictée par une force Darwinienne axée sur la connaissance puisque l’espèce humaine ne doit sa survie que grâce à son intelligence (so far so good). L’avantage devient un inconvénient quand on s’aperçoit que l’humanité n’apprend rien ou peu, recréant sans cesse les conditions de ses échecs.

Page 185, « l’univers n’annonce qu’une certaine chose après une autre ; et l’erreur était seulement d’interpréter ce monde comme un visage qui aurait approuvé ou blâmé. Nous sommes à peu près guéris de nous demander si l’univers a une opinion, et laquelle. ». Je n’en suis pas si sûr. Certes, nous vivons dans un monde moderne rationalisant à peu près tout mais la performance exigée par cette même société qui demande à des enfants de maternelle de savoir quasiment lire et écrire, qui nous pressure de toutes parts, cette exigence de best effort, ces décisions à répétition, nous renvoie encore de nos jours vers l’irrationnel, la défiance à la science, la spiritualité, le bio.

« Il faut que l’homme imite l’homme ; et me voilà, par le jeu de mon visage et sans que je puisse m’en rendre compte, me voilà moi aussi à blâmer. À blâmer quoi ? Je n’en sais rien. Mais cette couleur triste éclaire toutes mes idées et tous mes projets. », Alain nous décrit le processus inverse de celui que j’ai retranscrit dans la note précédente. La contagion du mal et du bien par le même support, nous-mêmes, le plus souvent sans préméditation, sans arme à notre disposition pour nous en défendre. Nous naissons nus. Plus d’acquis que d’inné. Avec un esprit d’indépendance, d’égocentrisme exacerbé, qui demande qu’à apprendre mais que ce qui l’intéresse. Alors chers parents n’hésitez pas, accompagnez vos enfants vers ce que vous jugez bien pour eux, sans remords, sans arrière-pensée de leur laisser un libre arbitre. Il ne s’agit pas de les contraindre à quoi que ce soit. Il s’agit seulement de leur montrer une voie, celle que vous pensez adéquate, car au final il faut bien choisir une direction. Il ne s’agit pas de les influencer puisque de toute façon ils feront leurs choix eux-mêmes. Et même s’ils renient les vôtres, dîtes-vous bien que les leurs seront basés sur ce reniement, donc sur vos choix. Et comme dans la vie on fait ses propres  erreurs avant de trouver sa voie, son style, ils reviendront sur ce qu’ils ont appris de meilleur avec vous. Donc en éducation il ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats, à de la performance, à la croissance du modèle économique qui est un leurre et un danger pour la planète, pour nos enfants. Éducation signifie durée.

Page 187, « Et, par ce bonheur en espoir, vous serez heureux tout de suite. C’est ce que je vous souhaite. »

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