»Le jaune ne va guère aux blondes, ni le vert aux brunes. Mais la grimace de l’inquiétude, de l’envie et du regret ne va à personne », Alain

Page 182, de  »Propos sur le bonheur ». Si la mode est tant décriée de nos jours c’est que le demi-siècle passé a vu sa tyrannie prendre le pas sur beaucoup d’individus. La mode et sa fidèle servante la publicité ont forgé le regard de l’homme moderne le rendant moins perméable aux sollicitations, l’isolant dans sa sphère intime mais le livrant tout de même sans défense face à la société de consommation, mère nourricière, mère castratrice, un rôle partagé hélas par beaucoup de femmes qui ont des fils.

Ne croyez pas cependant que le rôle de père soit de tout repos, du moins de nos jours. Si la mère est castratrice, le père est une énigme. J’ai conscience qu’avec mes garçons je joue le rôle du modèle mais aussi de l’empêcheur de tourner en rond. Je suis Zeus. Ma femme et moi connaissons le remède : La bonne humeur avec un zeste de poigne. Page 184, Alain décrit le principe avec une image très forte, un principe qui est aussi valable pour tout un chacun, harcelé par la vie moderne : « Donne-toi de l’aise sur ton siège, et tiens ton cheval en main. », plus avant, page 183, Alain décrit le processus du bonheur partagé :  »Je vous souhaite la bonne humeur. Voilà ce qu’il faudrait offrir et recevoir. Voilà la vraie politesse qui enrichit tout le monde, et d’abord celui qui donne. Voilà le trésor qui se multiple par l’échange… Tout embarras est ainsi ; facile à démêler si l’on voulait sourire, mesurer ses efforts, détendre un peu toutes les colères qui tirent à hue et à dia, mais bientôt nœud gordien, au contraire, si l’on tire en grinçant les dents sur tous les bouts de la corde… La vie en commun multiplie les maux. Vous entrez dans un restaurant. Vous jetez un regard ennemi à votre voisin, un autre au menu, un autre au garçon. C’en est fait. La mauvaise humeur court d’un visage à l’autre ; tout se heurte autour de vous ; il y aura peut-être des verres cassés… Saisissez bien ce mécanisme et cette contagion ; Vous voilà magicien et donneur de joie… Vous pourrez suivre cette vague de bonne humeur… Le garçon interpellera la cuisine d’un autre ton, et les gens passeront autrement entre les chaises ; ainsi la vague de bonne humeur s’élargira autour de vous, allégera toutes choses et vous-même. Cela est sans fin. Mais veillez bien au départ. Commencez bien la journée, et commencez bien l’année. »

Un peu idyllique cette vision d’Alain, mais il y a toujours du vrai à faire le bien si ce n’est qu’il y a aussi ceux qui font le contraire, engendrant frustration et colère. Autant d’occasions de replonger vers nos démons intérieurs et il faut beaucoup de pratique pour aller au-delà de ces énergies d’habitude. Thay parle de graines dont celle de la colère qui poussent dans notre subconscient, que l’on arrose à chaque mauvaise occasion, et qui ressurgissent à la surface pour notre malheur. Mais tous ces bons principes sont bien difficiles à suivre en n’ayant qu’une seule vie, une seule occasion pour faire nos propres erreurs puis revenir dessus, progresser, régresser, apprendre, apprendre à apprendre, à compatir, et enfin aboutir et en profiter pour soi tout en faisant profiter les autres, l’humanité.

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