Vivre en symbiose avec le texte, d’écho en écho

Tout fait écho à la pensée du philosophe. C’est pourquoi il doit être plus acteur que spectateur de son époque. Ainsi on n’est pas philosophe en étudiant l’Histoire si ce n’est pour se référer à nos pères, à leurs pensées.

En attendant que ma disponibilité d’écriture reprenne au mieux de sa forme, que la crise s’attenue, que je puisse « La colombe » en réponse promise au  »Corbeau », je reprends pour finir les « Propos sur le bonheur » d’Alain. D’ailleurs page 172 dans le chapitre « Hygiène de l’esprit » qui énonce un exemple d’écho contemporain d’Alain, un écho bien désuet comme toute opinion à l’instar des modes ne survivent guère au delà de quelques hivers, mais dont le mérite est de mettre en exergue ce que je disais en préambule de cette note.

 »Il est sûr que chacune de nous a des pensées de fou autant qu’on voudra, comme rêves ou associations burlesques entre des images. C’est le langage intérieur surtout qui trébuche, et qui, par une faute de prononciation, nous jette souvent à quelque idée absurde. Seulement nous n’y restons pas. Chez l’homme normal, il se fait un continuel changement d’idées, comme un vol de moucherons. Et nous oublions tellement toutes nos folies que nous ne serions jamais capables de répondre exactement à la question qui paraît si simple : ‘À quoi pensez-vous ?’ Cette circulation des idées conduit souvent à une certaine futilité et puérilité. Elle est pourtant la santé même de l’esprit. »

Illustration d’écho que l’on pourrait qualifier d’intertextualité de la pensée et qu’il faut s’empresser de noter étant donné la fluidité de nos idées, leur impermanence, à l’instar de tout ce qui est vivant, ceci expliquant cela, ceci définissant cela. Illustration de ce qu’Alain dit plus haut sous forme d’idée de personnage de roman : un pauvre type qui a décidé de recopier  »L’Odyssée » sur son Palm avec un stylet. Bien sûr il lui faut des protections écran en pagaille, et même plusieurs Palm. Il lui faut du courage, de la détermination, un esprit concentré sur l’instant présent et de la gymnastique pour le corps tendu à l’unisson. Il lui faut de la folie, de la déraison, des idées se dressant sur son chemin de supplice, ralentissant sa progression, digressant son écriture, allongeant sa tâche déjà harassante. Ne pas penser à ce qui reste et à ce qui a été réalisé. Vivre en symbiose avec le texte, d’écho en écho.

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