Je vis une époque où un bon livre est en passe de devenir une antiquité

Cela va plus loin qu’une simple question de support physique ou de mode. L’écrit vivent ses dernières heures.

Hadrien est mon héritage génétique, un doux mélange de mon père et de ma grand-mère, de convivialité et de détermination. Maximilien est l’apollon que j’ai toujours rêvé d’être, il a hérité de la mémoire que j’ai hérité de ma grand-mère. J’écrirais bien des contines pour eux, ou des romans d’aventures pour un plus tard (comme je faisais à ma petite sœur quand nous étions enfants, inventant nos jeux) mais je pense à beaucoup plus tard, quand ils auront mon âge, quand je ne serais plus là. Je dois léguer et mon destin n’est pas linéaire, ne sera jamais facile. Ma douce et tendre épouse… nous nous sommes bien trouvés. Mais cette route m’était nécessaire, une route darwinienne vers une évolution accélérée, un rattrapage…

L’écrit est loin s’en faut un mode d’expression parfait malgré le talent inestimable de mes pères. Les records (roman le plus long, le plus court, le plus balzacien, le plus flaubertien) ne sont que des artifices illustres mais éphémères comparé à l’expression des idées. J’aime écouter la musique rock et autres musiques plus modernes. En anglais de préférence, pour ne pas comprendre exactement tous les mots mais pour le sens que j’y trouve moi-même avec une compréhension limitée conduisant à l’erreur d’interprétation par rapport aux souhaits conscients de l’auteur. La chanson prenant un autre sens, celle de mon imaginaire, s’adaptant à mon humeur, à mon état d’esprit, s’amplifiant l’un et l’autre. La musique s’associe à mon écriture. Comment transmettre cela au lecteur avec l’écrit et à plus forte raison avec le papier ? Des écrivains célèbres y sont parvenus mais à quel prix ? À moins qu’ils n’avaient rien à exprimer d’autre. On ne peut pas être bon en tout.

Tordre les mots ou les idées n’est pas une fin en soin. Mais a contrario qui se souvient de celui qui a le plus gravé de plaque de marbre à l’époque de la Rome antique ? Et moi avec mon Palm qui se souviendra de moi ? Il faut quelque chose en plus, une alchimie, une empreinte génétique, une trace vivante qui fasse écho au lecteur, une transmission inter-être aidée s’il le faut par la chaîne de l’intertextualité des auteurs de tous les temps définissant la grammaire du sens et des émotions, la grammaire du beau. À ce titre-là la littérature n’est qu’un média comme un autre. En 1998, je disais que la future monnaie européenne devait se passer des pièces et des billets. C’eût été une décision d’avenir particulièrement adaptée pour une grande monnaie naissant plus de 2000 ans après les sesterces.

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