Matérialisme : plus on est coupable, plus on est victime

On a compris que l’être humain est curieux et avide de nouveauté. On retrouve ces prédispositions chez le nouveau-né lorsqu’il se désintéresse soudain de son jouet préféré au profit du moindre objet que l’on lui agite devant les yeux.

Alors après l’échec de siècles d’obscurantisme et devant le succès grandissant de l’ère industrielle qui avait besoin de développer sa clientèle ( »Talon de fer » de Jack London) pour s’étendre, pour croître, avec la démocratie a été fait un pari fondé sur les idéaux des droits de l’homme tout abreuvant la foule, les êtres humains, d’informations par le biais des entreprises du tertiaire (agences de communication et de publicité, médias et désormais réseaux). Gavés aux chiffres et aux images, on les a conditionnés en consommateurs et on leur a fait croire qu’ils étaient devenus les rois, les maîtres de leur destin, tandis que la part de leurs devoirs prenaient peu à peu des allures vertigineuses. Le droit à l’information est devenu le devoir de rester informé (« nul n’est tenu ignorer la loi »). Le droit de vote est devenu, un devoir de votant pour sauver la démocratie. Le droit d’expression est devenu le devoir de réserve. Le droit de réponse est devenu le devoir de s’abstenir, de détourner son regard, de continuer sa route d’homme pressé. La droiture, la politesse, est devenue le devoir d’être concis, sec, prémâché de « Pardon ». Comme si dire bonjour pourrait faire perdre du temps.

Le pire dans tout cela c’est qu’aucun maître ne nous impose quoique soit. Chacun joue à la fois le rôle de maître et d’esclave vis-à-vis d’autrui et de soi-même. Les romans populaires, comme celui de Pierre Bordage, aiment rappeler l’existence d’un pouvoir supranational, occulte, qui même s’il existe (on ne peut pas nier l’existence de puissants dans notre monde dominé par la possession de richesse) n’est sûrement pas aussi omniscient qu’il est imaginé ici : « Disons une Sainte-alliance constituée d’entités dont les intérêts convergent, les sciences de pointe, les multinationales, les loges maçonniques, les cercles politiques, les pouvoirs religieux, anciens et nouveaux, tous ceux qui promettent le paradis sous forme matérielle ou spirituelle. Ceux qui ont fait de l’homme un consommateur, un être dépendant des rites, des lois, des biens. Ceux qui, d’une manière ou d’une autre, privilégient l’avoir à l’être. C’est-à-dire presque nous tous… », la fin est belle. Pierre Bordage semble laisser dire que les torts viennent de ces puissants. Alors que je dis que nous sommes tous coupables et victimes. Et, dans ce problème de matérialisme, plus on est coupable, plus on est victime.

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