Digressions

=> Conversation de café (Segafredo Opéra) : « Si dans la vie on pouvait faire ce que l’on veut, tu crois que je serais là à te parler. », Dixit un serveur à une serveuse. Encore faut-il savoir ce  que l’on veut. Nous vivons dans un pays (Le pays) de libertés alors qu’est-ce qui empêche de faire ce que l’on veut sinon nous-mêmes, nos propres freins, notre propre patron. « Connais-toi toi-même » il disait… Un véritable défi dont on comprend mieux la complexité si l’on a pris conscience de l’impermanence des choses, des êtres et de nous-mêmes.

Omega pourrait être un merveilleux titre de roman. Représentant la fin de la vie, l’heure du bilan, le retour sur soi avec l’analyse du connu (le parcours, les choix, les surprises de la vie) et les suppositions quant aux directions abandonnées que l’on aurait pu suivre ( »si jeunesse savait si vieillesse pouvait », encore un dicton à la noix). Il faudrait être bien naïf de penser qu’à l’heure Omega on soit plus capable de faire les bons choix. Qu’est-ce que choisir finalement ? Est-on maître de nos décisions ou bien sommes-nous de vulgaires consommateurs dans le Supermarché de la Vie ? Vu à la TV, nos décisions viennent-elles de nous-mêmes ou bien suivons-nous la tendance ? Sommes-nous des ânes ou des lions ?

Je suis contre toute vue manichéenne des choses. Nous sommes un peu des deux : décisionnaires et suiveurs. Sinon l’homme ne vivrait pas en société. Il a besoin d’un cadre et la part d’apport personnel est certes faible (cf. notes sur les philosophes produits de leur temps) mais elle représente la valeur ajoutée ultime de l’homme dans la société, ce qu’il ne pourrait pas produire sans elle car il faudrait reconstruire tout le reste à chaque fois.

C’est vrai que c’est difficile de lire dans « Psychologie Magazine » que l’on est un produit de notre temps. Que notre volonté de tout vouloir maîtriser (vie personnelle, vie sociale, vie professionnelle) est une décision « à la mode » alors qu’elle semblait tellement faire partie de soi. On se sent manipulé. Mais après tout est-ce si grave ? Et si ce n’était pas le moyen que notre société a trouvé pour produire des hommes comme moi ? Un produit certes mais sa forme ultime en 2007 !

C’est pourquoi il ne faut rien rejeter sur coup de tête. Ni blanc ni noir. Et c’est pourquoi il est impossible de savoir ce que l’on veut vraiment. La seule chose à faire est de vivre l’ici et le maintenant, d’être adaptable, critique et sans bornes.

=> Un texte n’est jamais terminé jusqu’au point final. Et cet arrêt n’est pas le seul fait de l’auteur. Il arrive un moment où il est reconnu que le texte a atteint son aboutissement. Si on se réfère aux mathématiques, on dira que l’auteur a suivi une courbe jusqu’à un maximum local. Cet aboutissement aurait pu être différent si l’auteur avait suivi un chemin différent, il aurait atteint un autre maximum local meilleur ou moins bon. La recherche du maximum absolu est un objectif non raisonnable, car le temps investi serait trop grand pour ce texte au détriment de ceux qui sont à venir (l’écriture étant déjà un acte très dispendieux en temps et en énergie, c’est peut-être pourquoi les textes heureux élus traversent si aisément les siècles). Comme l’homme n’est pas une unité de calcul et ni a priori un bon mathématicien, l’optimisation d’un texte n’est jamais optimale et reste liée aux affects qui sont les moteurs de l’artiste, de la création.

Le hasard intervient dans l’inspiration créatrice et l’écriture du premier jet (naissance du fœtus de texte) à partir desquels l’auteur saura trouver sa meilleure optimisation grâce à son propre cheminement dans l’écriture.

L’auteur ne peut guère demander aux lecteurs une aide dans ce domaine ; c’est un travail solitaire. Même avec les lecteurs du cercle intime ou proche de l’auteur, le cheminement n’est pas identique. Ils ne permettent que des changements importants, des sauts aléatoires sur la courbe (technique de recherche de maxima en informatique en utilisant le hasard). Le travail en détail, l’invisible qui fait la différence, ne peut être que du labeur de l’auteur et de l’accumulation de labeur formant son expérience, sa technique, son style.

=> Dialogue de schizophrène : un dialogue s’installe entre deux personnes. Le doute s’installe aussi pour le lecteur entre deux personnes réelles ou un monologue, à la limite d’un dialogue mal ficelé où l’auteur ne saurait pas bien distinguer les protagonistes. Le doute doit aller en crescendo jusqu’à la révélation.

Auteur et narrateur, un dialogue de schizophrène.

=> Nous sommes en carence suralimentaire : trop de sucre, trop de sel, pas assez de vitamines et souvent trop d’un certain type en cas de prise de médicaments.

De manière plus générale nous sommes en carence d’abondance : trop d’objets inutiles, d’achats compulsifs, manque de temps, manque d’attention à notre égard, trop de défis, trop de culpabilisation, manque de compréhension, de retour sur soi, de retour à son être intérieur.

=> Plainte non formulée de manière officielle (le 15 novembre 2007) contre X (cheminots et Ratp grévistes) pour paralysie du pays et notamment de l’Île-de-France à l’encontre de la sécurité et la santé d’autrui. À l’instar de certaines professions qui ne peuvent pas provoquer de grève paralysant de leur outil de travail au vu des risques exposants des tiers (pompiers, policiers, ambulanciers, hôpitaux, centrales nucléaires, …), la paralysie des transports en commun participe gravement à la détérioration de l’environnement en provoquant une pollution induite par les moyens de transport individuels.

La logique et la législation voulant une diminution de la pollution urbaine, les régions déploient par nos impôts des efforts croissants dans le développement des transports en commun. De plus, les automobilistes sont incités par des mesures à caractère éducatives et légèrement coercitives (vignette verte, circulation rendue plus contraignante, piste cyclable, …). Un effort auquel tout le monde participe de plus en plus activement mais anéanti par ces grèves inutiles pour répondre à l’aigreur de certains face à une gestion de carrière plus que critiquable des politiques depuis des décennies.

Ces grèves au vu de l’environnement, de la nature, de notre monde blessé, ont un caractère non responsable et non légal.

=> Je suis l’homme d’une seule femme. En écrivant  »Dead End », inspiré des réflexions de René, un collègue indépendant en informatique, j’étais fermement convaincu d’être dans la même dynamique tout en espérant qu’en ce qui me concerne les efforts consentis au quotidien seront récompensé. Un mélange de romantisme et de persévérance, pour imaginer qu’au final, après beaucoup de tourments, une fin heureuse viendra couronner l’objectif de toute une vie.

Je me retrouve face à plusieurs choix et plusieurs contraintes : faire un peu comme mes parents dont je suis fier de l’histoire en commun et je suis reconnaissant de m’avoir évité les affres de la séparation ; ne pas faire comme eux, par principe, parce que mon père a couvert la tyrannie de fille unique de ma mère, qu’il n’a pas su s’imposer.

L’amour n’est pas aveugle, au contraire il a su identifier tout de suite la bonne personne : à savoir ma future épouse et mère de mes deux petits et à la fois l’objet de mon challenge personnel puisqu’elle était comme ma mère et je n’étais pas comme mon père. En pleine passion amoureuse, la résolution de faire ma vie avec elle a commencé dès les premiers instants (au téléphone).

L’amour n’est pas raisonnable mais il décide à partir d’une analyse pertinente de la situation. Cela me fait penser à l’instinct. Le cerveau calcule plusieurs chemins de décisions et maintient une vision cohérente de la situation (du présent par rapport au passé et aux objectifs). Son rôle est d’analyser et de stocker les événements. Lorsque l’instinct entre en jeu, il accélère le processus au point que le stockage (la mémoire) fait défaut, que l’analyse est rapidement menée en se basant sur d’importantes conclusions pendant des périodes plus longtemps, que l’expérience aidant à une réponse plus rapide mais moins originale. Le côté immédiateté des décisions instinctives procède d’une dégradation de services, d’une fausse spontanéité à cause de l’urgence du moment puisque des décisions conscientes ou non que l’on hésitait à prendre doivent être prises car le temps de la réflexion est révolu. Nécessité fait loi. Il faut tirer tous les atouts de notre manche.

Cela me rappelle la notion de génie. C’est le moment choisi par la Vie pour procréer celui qui dira tout haut ce qui a été pensé tout bas. L’amour, la passion, l’instinct participe de ces moments propices à franchir des pas-de-géant dans l’évolution.

Le génie pompe dans l’urgence tous les ingrédients qui lui est nécessaire. Dans l’urgence car il a peur que ses capacités se réduisent ou qu’un autre exprime ce qui lui paraît évident. Ces peurs le rongent, anticipant sa fin, comme un drogué. Le génie se sait génial mais il doute de lui-même (il ne comprend pas pourquoi lui) et il craint les autres, les rivaux.

Et puis il y a chez moi le refus de l’échec. J’ai trop de fois échoué dans la vie que je me suis donné des périmètres bien définis pour réussir (vie en couple et écriture) ; je laisse le reste (carrière, amis, …) se développer tout seul sans intervention de ma part.

 »Lions et agneaux » le dernier film de Robert Redford aux accents bourrés de clichés participe comme tant d’autres (surabondance) à la remontée des idées jusqu’à ceux qui savent, sans savoir, quoi en faire, jusqu’au génie. Un écrivain titrerait  »Chacals et ânes », plus proche de la réalité. Mais Lions comme Agneaux est plus politiquement correct. Il faut ménager les et les autres, tous coupables comme dans « American Gangster » : voyous, policiers, militaires, le système judiciaire, sans parler des politiques et de ceux qui les élisent et même ceux qui ne votent pas, qui n’ont rien fait rien vu par lâcheté ou par bêtise. Il y a des centaines de vie à consumer pour faire de la société humaine autre chose qu’un amat de conneries et ensuite se féliciter sur les instants de lucidité, d’héroïsme.

Entendons-nous bien je ne suis pas un nouveau Nietzsche. Jamais mes paroles ne signifieront que l’humanité est une erreur, la vie est un miracle, l’intelligence même limitée de l’humanité est un miracle cosmique, un aboutissement. Entendons-nous bien un génie humain est aussi imparfait que l’erreur est humaine. Gardons-nous des positions extrêmes. Hitler et ses acolytes sont les plus gros déchets de l’humanité. Et le génie de Nietzsche leur faire valoir. Le génie humain est un flash éblouissant quelques instants le cosmos là où brille la petite lumière de l’humanité.

=> Surabondance de carences… Ne pas confondre Autorité et Autoritarisme ni Liberté et Abandon…

À force de penser en superlatifs on finit par croire qu’aujourd’hui est meilleur que demain, par nécessité mécanique de croissance ; On finit par croire qu’inflation est synonyme de valorisation alors que l’on sait bien que l’inflation des prix dévalorise les monnaies. Mais même dans ce cas quand on considère l’Euro par rapport au Franc des années 70, on ne voit que de la force alors que cela ne représente que de la faiblesse.

Surabondance de sollicitations se concrétise en carence  de temps pour soi. Et comme on se sent mal, on a besoin de plus de sollicitations au fur et à mesure que le temps que l’on se consacre diminue. C’est la spirale infernale que subissent les personnes en état de dépendance, les drogués.

=> De la même manière que l’on oublie les bonnes idées qui nous viennent si on ne les note pas aussitôt. L’évolution par phases de construction qui sont nécessaires à l’homme, à l’instar du sommeil, doit faire l’objet elles-aussi de prises de note. C’est nettement plus probant que d’interviewer un écrivain au soir de sa carrière littéraire. Car même s’il joue le jeu au mieux de sa mémoire somme toute humaine, il ne pourra pas s’empêcher d’y voir une consécration et il aura aussitôt fait d’oublier les passages les moins glorieux. Sans parler de l’impossibilité de donner à son lecteur un aperçu complet de ce qui a été, à moins de consacrer une autre vie à cette analyse, et encore…

Certains diront qu’un écrivain laisse de meilleurs témoignages de par son œuvre où il livre bien plus. Je dirais que sans le concepteur, l’interprétation ne sera que partielle d’autant plus, comme le disait Borges, l’auteur ne livre qu’une partie de lui-même et qu’il serait vain d’imaginer recréer l’esprit d’un écrivain à partir de ses œuvres.

=> Nécessité fait loi. Je l’ai déjà exprimé plusieurs fois la notoriété n’est pas un luxe pour un écrivain investi d’un devoir d’apprendre et de restituer ses réflexions pour ses semblables. La pression n’est pas le meilleur moyen d’aboutir à un résultat probant, seuls la persévérance et le travail sont une aide nécessaire.

Si j’écris un seul livre, je souhaite que l’énergie que je n’ai pas perdu à répondre aux attentes des autres me sera bénéfique pour le meilleur des possibles.

C’est le film « Lions et Agneaux » (véritable titre « Lions for Lambs », encore un exemple lamentable de traduction, interprétation et résumé de film) qui m’a inspiré ces pensées. Robert Redford a la notoriété rêvée pour celui qui voudrait faire passer des messages. Mais est-ce une situation enviable ? Ne tourne-t-il pas autour de son sujet cherchant en vain le graal ? Peut-on se satisfaire de bons voire excellents films là où le véritable souhait serait autre  chose de bien plus profond, à l’instar d’une clairvoyance de Zarathoustra ?

Le plus important dans ce film n’est pas tant le thème éculé des puissants qui sacrifient ceux qu’ils administrent (même si ceux-ci ont le pouvoir illusoire du vote alors la masse est soumise aux lois des statistiques là où l’individu est un spectateur impuissant), ni même le thème de la Chute d’un Empire à l’instar de Rome où le 11 septembre serait la révélation ultime. Ce sont les motivations premières de l’auteur qui ont conduit à des approfondissements bien plus intéressants.

Au Vietnam, les Etats-Unis ont perdu face à un ennemi qui leur était plus fort, mais cette prodigieuse victoire vietnamienne ne pouvait pas se transposer à l’internationale. En 1945, face aux allemands, les Etats-Unis se sont révélés comme l’un des deux grandes puissances à se partager le monde. Fin des années 70, les merveilleuses années 50 et 60 avaient déjà entamé la détermination américaine et les Vietnamiens s’étaient précipités dans la brèche. Ce fut un choc mais loin d’ébranler la société américaine. Sa réponse fut technologique avec le premier homme sur la lune.

Mais ce sont les bases de la société qui étaient touchées et qu’il aurait fallu améliorer. La jeunesse, la presse (fierté de l’Amérique du Watergate), les minorités en exclusion, … Robert Redford montre le grand écart entre le 11 septembre et l’engagement de la jeunesse qui fuit une réalité faussée par les politiques et les médias. Ces derniers ayant été rachetés par des grands groupes industriels à cause d’une politique de globalisation, d’accroissement de la masse comme effet de levier économique où les médias et même les politiques sont le stade le plus avancé (il suffit de regarder la présidence Sarkozy).

La touche pathétique du film est introduite par les deux « étrangers » (black et mexicain) qui, en sortant de leur ghettos où leurs semblables sont abandonnés, s’indigne de l’indifférence des autres étudiants « normaux » face à l’engagement de leur pays dans la lutte contre le terrorisme suite aux massacres du 11 septembre. Le pire est qu’ils se sentent redevables de ce pays qui n’a rien fait pour eux. De ce pays qui ne les autorisent dans ses universités pour des raisons médiatiques et encore en leur laissant payer le prix fort (prêt étudiant). Alors que les autres trouvent normal de ne pas assister aux cours pour des raisons sociales dans le meilleur des cas ou pour des raisons de surabondance de loisirs. Le géant américain a des pieds d’argile et après six ans de conflits les véritables responsables du 11 septembre restent introuvables même si les Etats-Unis a atteint leurs bases arrières supposées tout en poursuivant d’autres buts… capitalistiques (Irak).

Au final peut-être est-ce un effet du théorème d’incomplétude de Gödel mais il est très complexe d’écrire l’Œuvre qui contient toutes nos idées et l’analyse complète de la situation sans tourner autour parfois en vain.

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