La Montagne Magique de Thomas Mann

Les tout débuts des notes…

=> Globalia – Gallimard – idée sur la prolifération/abondance vecteur d’in-saveur, de perte de goût. Alors que les dictatures classiques bannissaient les livres ce qui les rendaient encore plus désirable, la globalisation les rend trop nombreux, l’abondance des activités quotidiennes les rend trop time-consuming les remplaçant par les films plus rapidement consommables mais aussi moins proches de nous (spectateur n’est pas lecteur) et moins intrusifs (dans le bon sens du terme) dans nos pensées quotidiennes; on ne peut pas dire d’un film qu’il participe à notre construction mentale quotidienne, c’est un spot, un instant, parfois une révélation mais pas un approfondissement. On finit donc par survoler les choses sans s’y arrêter.

=> Il y a des images qui passent et que l’on aimerait bien garder d’un simple battement de cil.

=> Eric est détective privé sur le Net. Pendant sa période de sommeil, son robot personnel a entrepris la migration vers Jade, le dernier microprocesseur de MicroTel: La loi stipulant le passage à la dernière gamme de CPU pour réduire l’effet de serre. Eric vient de se réveiller et il a un message qui clignote dans ses implants nanoniques. Ce message lui signale qu’il y a eu un retard de livraison physique du processeur, il devra patienter encore une bonne heure avant sa complète installation. Eric peste vivement contre MicroTel et son manque de ponctualité qui va lui faire perdre presque une journée sur le Net: le fameux Temps X en l’honneur des frères « Bogdanoff » qui va presque 10 fois plus vite que dans la réalité.

=> Ponctuation ma : notion de géométrie dans mes phrases et mes paragraphes ; elle doit aider à la compréhension du lecteur en assistant mes intentions d’écriture et simplifiant mon style ; souci de logique dans son usage sans en arriver à un langage informatique ; source d’inspiration rythmique ;

(le « ; » est un point séparant deux phrases et une virgule les liant ; Il signifie « comment dire autrement » et même s’il est aussi utilisé dans les énumérations il n’ouvre pas une explication ou un développement / approfondissement comme le « : »)

=> Notion d’espace (Paul Auster : La musique du hasard) : mon souhait serait de rendre vivant l’espace qui entoure celui qui voyage entre les étoiles. Un personnage de errant spatial pourrait intervenir (on peut reprendre le personnage de Nashe) et être le premier témoin des événements qui se dérouleront dans Smirn (un vieux projet d’écriture d’adolescent style Dune). Un François de l’espace…

=> Notion de tout pouvoir quitter en un jour : contrairement au cas de Nashe (le héro de la Musique du Hasard de Paul Auster) dans ma vie j’ai plutôt ressenti cette absence de possibilité de tout pouvoir quitter en un jour (ni même en une semaine ni quinze jours).

=> Une vie avant la tienne : ou les aspects positifs des grandes étapes de l’existence. Retour d’expérience d’un père à son fils.

Pour pouvoir dire que « vivre c’est mourir chaque jour ». Il faut d’abord vivre une vie complète afin de répondre à la question : Est-ce qu’à la fin on est si différents que depuis que l’on est un adulte, pour moi cela correspond à mes 28 ans.

C’est ainsi que chaque idée d’écriture se modifie au fur et à mesure que notre expérience de la vie se complète. Bien sûr cela n’empêche pas d’avoir les bonnes intuitions au bon moment. Mais le mot de fin ne viendra qu’à la fin.

Une vie avant la tienne, mon fils (le 6 mai 2005, écrit allongé à tes côtés sur le lit du studio loué à Roscoff).

Les chiffres sont à l’honneur à l’heure du numérique à tout va. Hier on était le 5/5/5, quelle époque formidable que l’on vit (bientôt le 20/05/2005 après le 20/02/2002)!

Mais derrière le beau se cache souvent le laid, le sombre. Il faut veiller à le révéler pour l’affaiblir. Ne jamais le sous-estimer.

Tu ne parles pas encore (6 mois) je n’écris pas encore (38 ans), arriverons-nous à quelque chose? Qui a déjà vu un enfant (normalement constitué) ne pas arriver à parler un jour.

=> L’esprit fait un travail intense chaque jour pour se protéger et garder son intégrité face au temps qui passe et à la dualité passé/future.

=> L’humanité est encore un bébé.

Alors que l’on pourrait la croire arrivée au stade de la raison, il n’en est rien elle est au stade d’un enfant de 9 mois qui progresse à grands pas vers le statut d’homme : la parole, la marche, la découverte des différentes parties de son corps.

Thomas Mann : La montagne magique, page 282.

C’est un bébé qui a besoin à 100 % de ses parents : la terre et le soleil. Ses progrès sont considérables mais il ne forme pas une unité de corps : sa main peut encore gifler son visage sans qu’il comprenne ce qui s’est passé. Il a commencé à marcher et a atteint la lune à grande peine. Il a commencé à parler mais pas d’un seul langage. Il a commencé à comprendre certaines choses mais il ne comprend pas toujours son père et sa mère et il ne comprend pas d’ou il vient.

C’est de cette constatation que je pose comme raison d’être du projet terre de reproduire avec la période 1900 – 2100, cette phase du bébé de 9 mois.

=> Hubble est aveugle, l’univers est courbe. L’une des actions la plus surveillée dans le projet terre est de cacher le véritable univers à un peuple qui ne cesse de progresser dans la découverte de ce qui l’entoure. Le problème de vision de Hubble a été un sabotage car le « système » venait de subir des défaillances au moment de son lancement. L’immixtion de certaines théories sur l’univers est l’une de ces mains mises sur la science terrienne qui avance un peu trop rapidement par rapport au modèle initiale. Le projet terre dérape sur le plan technologique.

=> La fragilité de l’intelligence : il suffit d’un chromosome différent dans le schéma biologique humain pour qu’apparaisse des écarts (on parle de retard dans le cas des trisomiques) avec la norme. Des écarts qui juste à présent se sont traduits de manière défavorable pour l’intelligence : sa capacité à abstraire ses idées et à s’adapter à un monde complexe (le cas des dustins donnent des capacités intellectuelles souvent grandes dans une seule direction : le calcul ou la déduction). Bref sur Smirn, la « production » des stratèges fait l’objet d’une grande minutie.

=> La maternité porte l’enfant, la paternité cadre l’enfant. La mère de par son lien physique affectif ne peut pas donner à l’enfant les limites de son domaine d’éveil. Le père est là, il est la loi et rassure l’enfant car un domaine bien délimité est une maison, il rassure et donne confiance.

=> Comment le Latin a-t-il survécu ? L’organisation sociale laissée par l’ancien empire romain? Le christianisme légué par Rome? Ou les deux, le christianisme renforcé par l’organisation romaine dont il en a tiré la force et la langue officielle chrétienne pour renforcer le pouvoir du saint siège.

=> Prendre sa tension quand on le souhaite, n’est-ce pas un luxe pour un esprit scientifique comme le mien? Pour Hans Castorp dans la montagne magique de Thomas Mann, les pensionnaires non gravement atteints se persuadent de leur maladie en prenant leur température de manière régulière et quand ils le souhaitent aussi puisque ils ont acheté leur propre thermomètre (contrairement à un hôpital le pensionnaire suit lui même son état quotidiennement avec son propre matériel acheté sur place). Du coup on peut douter de la relation entre le malade et la maladie. Comme il en est d’ailleurs question pour le héro et la passion amoureuse qu’il se découvre en la personne de Mme Chauchat.

Si on revient à la tension que l’on peut prendre à tout instant. Il serait malaisé de donner une solution à cette équation à plusieurs inconnues (émotionnel, nourriture, activité physique et intellectuelle, …). On s’étonnerait d’y lire certaines fois certains chiffres à la lueur de nos sens physiques. La perspective de la prise de la tension pourrait être un facteur de tension et l’incertitude dû à la connaissance de cette éventualité un doute à la lecture ou une tentative de modification. De plus il y a l’erreur de mesure. Avant avec les thermomètres au mercure le doute était possible si on avait bien pris soin de faire baisser suffisamment le mercure au préalable. Désormais avec le gadget électronique va savoir la raison qui fait qu’une prise est éliminée car non cohérente. Même si on est un expert en informatique comme je le suis on ne saura jamais comment cela a été programmé sans analyser le code source (si on peut l’obtenir) et encore sans l’écrire soit même tant le codage est délicat et encore de nos jours personnel.

=> Que l’on ne s’étonne pas que dans l’amour il y a soi. Comment il pourrait être autrement quand cet amour vient de soi, que l’on connaît si bien, que l’on connaît si mal ? Dès lors l’autre est un peu soi et un peu autre comme l’on désire que l’on soit autre, que l’on retrouve dans l’enfant qui est le fruit de cet amour. Et si cet amour ne donne pas de fruit, cela peut signifier que cette part d’autre tant désirée n’a pas été réalisé dans une fusion des êtres.

La montagne magique de Thomas Mann explose dans la « Nuit des Walpurgis » dans un bouquet de déclarations/définitions.

=> Le temps à l’honneur dans la montagne magique. Le chapitre « Changements », qui préfigure d’une longue période d’immobilité dans la vie de pensionnaire de Hans Castorp, démarre très fort sur le thème du temps qui me passionne : Temps et Mouvement, mouvement car il y a temps et temps car il ya mouvement. Et une idée claque en ce début de chapitre : deux lieux au même instant séparés par la distance ne peuvent pas être au même temps pour un observateur unique car pour franchir cette distance il faudrait du mouvement donc du temps. Ainsi je cite Thomas Mann : « l’alors » de  »là-bas » se répète dans  »le présent » de « l’ici ».

Mais qu’en est-il de la communication instantanée qui est notre quotidien aujourd’hui? qu’en sera-t-il du déplacement instantané d’un futur probable? les années lumières quel beau terme adapté pour signifier à la fois la distance et le temps pour la franchir si on reste limité à cette barrière introduite par Einstein. Des auteurs de science fiction ont su bien jouer de ce décalage temporel pour leurs intrigues romanesques.

Il est vrai que communication et déplacement instantanés permettent de relier deux présents qui ne le seraient pas sans ces moyens technologiques. Mais au delà de ça, il y a la conscience humaine qui ne peut pas être à deux endroits à la fois : deux êtres même à proximité ne peuvent pas vivre la même chose car il  existe entre les consciences une distance plus difficile à réduire que la distance physique. Synchronisation? en tout cas, la communication et le déplacement instantanés ne font que mettre à portée un lieu existant pour une conscience qui n’était pas dans ce lieu. En aucune manière, elle ne pourrait être synchronisée même avec son double exact qui serait là-bas. A moins d’une synchronisation instantanée… Un maître ou seigneur de Smirn ne pourrait être/régner à deux endroits différents strictement au même instant que grâce à une communication instantanée et une synchronisation constante entre les deux lieux : on pourrait nommer cela Synchrocom.

Toutefois cela ne retire rien au fait que chaques consciences indépendantes séparées même par une courte distance peuvent être à des années lumières les unes des autres.

=> Le présent est dans le soleil, le passé dans l’ombre, le futur dans le néant. Le présent est un créateur de temps, il éblouit de ce déferlement d’énergie mais ne dure pas car sa lumière décroit rapidement et déjà l’ombre s’installe ; la seule lumière qu’il en reste est les souvenirs des choses, des êtres et des idées : comme un reflet de lumière ou une veilleuse à éclat variable.

Et le Futur? Néant ou dans la nuit? si on considère le voyage dans le passé possible alors le Futur existe car on est sûrement le Passé d’un quelconque Présent, donc c’est notre Futur.

Et si on reprend encore l’idée initiée (pour nous, modeste lecteur) par Thomas Mann de l’interconnexion entre le temps et la distance : le présent d’un lieu distant est le passé du lieu distant car à moins d’un Synchrocom la distance entre lieux distants ne peut être parcourue qu’en un certains temps donc rendant les deux présents inaccessibles simultanément. On a donc des futurs et des passés et le voyage dans le temps consisterait à aller instantanément d’un lieu à l’autre.

Mais pour aller à l’an mil cela ne semble pas envisageable, à moins qu’une barrière physique se brise en franchissant des distances en simultané ou en utilisant la Synchrocom.

Par le hasard des lectures, je me rends en ce moment même compte que lisant Valérian (une bande dessinée SF) depuis Samedi dernier ou je suis allé la bibliothèque de ma commune. Et il est question de voyage temporel. Bon ce n’est pas un réel hasard… mais tout de même il n’y avait de préméditer ni d’occasion qui semblait se profiler, simplement de la curiosité. Le voyage temporel est au cœur de l’action mais ce qui un peu en marge (d’ou cette prise de conscience tardive – on est mercredi – et parce que je n’y cherchais rien de particulier) c’est le voyage dans l’espace (un classique dans la SF comme le crime dans le Policier) par l’intermédiaire de ce déplacement temporel : il est signalé que seul ce moyen le permet. Il faudra que je lise plus attentivement Valérian pour voir si les auteurs entrent dans le détail mais j’ai déjà une idée là-dessus : comme on ne peut pas dépasser ni atteindre la vitesse de la lumière sans provoquer une dilatation temporelle qui rend inutile ou plutôt trompeur la question de vitesse (on croit l’atteindre voire la dépasser mais comme la vitesse est liée au temps car en fonction de celle-ci on parcoure une distance en un temps plus ou moins long), un voyageur temporel peut compenser cette dilatation en reculant dans le temps de manière proportionnelle et au final avoir une vitesse relative à la distance parcourue plus grande que celle de la lumière. Mais cela ne résout finalement notre problématique sur le comment du voyage temporel.

Si l’on considère ce voyage spatial, disons sur 5 années lumières. A la vitesse de 1/10è de la celle de la lumière (supposant ainsi que la dilatation temporelle ne sera pas trop excessive) il faudrait  50 ans. Donc les présents de ces lieux sont séparés par 50 ans que ce soit vers le passé ou vers le futur selon le sens du voyage spatial. Et la lumière me direz-vous? elle semble mettre dans l’absolu 5 années mais comme « à bord » d’un photon le temps est dilaté, alors met-elle 5 ans? ou 5000?

Comment réduire ce temps de trajet? Ce n’est pas encore possible d’y répondre. Cependant si l’on annule la dilatation temporelle à bord de notre photon alors on peut ne mettre que 5 ans et on arrive… 45 ans avant notre  »heure » d’arrivée prévue. On a voyagé vers le passé de l’autre lieu que l’on ne pourrait pas connaître sans l’annulation de la dilatation. Et si on repart en sens inverse sur notre photon à temps non dilaté alors on arrive 90 ans avant notre retour sans cet artifice. Mais est-on 10 ans plus tard? Non car les présents sont « éloignés » de 50 ans, on revient avant notre départ : 90 ans avant notre départ (2x(50-5)). Bien sûr, l’effet temporel serait une conséquence de la non dilatation temporelle. Ce serait entre choisir de revenir 2×4995 ans dans le futur ou 90 ans dans le passé après avoir 10 ans dans son vaisseau photonique ou y dormir congelé un siècle mais malgré revenir 100 ans dans le futur. Dès lors si on veut ne pas de ses choix il reste la possibilité de combiner les deux aller-retours, l’un +100 ans l’autre -90 ans soit 10 ans de voyage. Cela signifie aller dans le passé avant de faire le voyage proprement dit. Mais physiologiquement le voyageur a intérêt d’être en stase cryogénique (du moins pour le second voyage) sinon il aura facilement 110 ans à l’arrivée. Et si l’on combine tout cela encore une fois afin de revenir le jour même (ce qui rendrait au final le voyage instantané), il faudrait activer le compensateur de dilatation temporelle (donc accélérer à la vitesse de la lumière) sur une partie du trajet afin d’obtenir -10 ans au lieu de -90 ans. Facile.

=> Les hasards des lieux nouveaux :

Très bien rendu par Thomas Mann (« La montagne magique ») ou une promenade solitaire au début de son séjour au sanatorium l’amène en un lieu nouveau, différent, en ce sens qu’il est nouveau pour lui mais aussi inconnu de son  »parrain » de sanatorium : Joachim.

C’est souvent le cas lorsque l’on arrive dans un lieu nouveau ou l’on aime bien faire nos propres découvertes (pas nécessairement les premiers jours) sans l’aide d’autrui. Comme anecdote, je pourrais citer notre séjour à Roscoff, ma femme et moi accompagnés de mes parents, ou chaque couple a fait ses propres découvertes dans la ville en souhaitant les partager mais dans un seul sens seulement. Cette découverte est donc partageable mais comme elle est nôtre et comme on est nouveau, débutant, dans cet environnement on n’a pas la légitimité suffisante pour intéresser autrui.

Cependant ces hasards des lieux nouveaux vont nous distinguer des autres. Et c’est ce qui se passe entre un enfant et ses parents : bien qu’il ne va pas nécessairement visiter des lieux inconnus de ses parents, il va faire ses propres expériences, ses propres références dans un monde nouveau pour lui ou il saura d’autant mieux s’adapter que ses parents  »embarrassés » par leur passé.

=> La place de l’homme dans l’Univers, autrefois au centre ensuite en marge et bientôt pourquoi pas dans un Univers quelconque. Dans la montagne magique, on assiste à un nihilisme scientifique au nom d’un Dieu tout puissant dont nous serions les créatures les plus proches, les plus achevées… Est-ce si problématique au fond ? toutes nos avancées scientifiques pour notre croyance ? Et si la croyance était le moteur qui nous distingue ? Culture et progrès technique ne sont-ils pas la conséquence de ce souci de rapprochement d’une essence divine ? Et si la notion de centre pour l’Univers ou les Univers n’existe pas? Pas encore… A nous de créer notre place dans l’Univers, comme on lui donne un sens, une polarité.

=> « Sa forme est logique mais sa nature est confusion. » : Dans la montagne magique, un personnage dénommé Naphta fait l’apologie de la Liberté en lui déniant son droit naturel accordé aux hommes.

La Liberté, liberté chérie comme le dit Gainsbourg dans sa Marseillaise, liberté pourrie comme on le voit dans Globalia ou son effet pervers est la dispersion, la dilution de l’homme et de ses idées dans un pot pourri sans fond. Est-ce mal de penser cela? Politiquement pas correct?

Naphta prône le Moyen-âge, la servitude. Cette époque de laquelle le siècle des lumières nous a définitivement extirpé était-elle si mauvaise que cela? Assurément non parfaite mais notre époque est-elle meilleure ? nous sommes nos propres serfs, d’un modèle social (étude, travail, enfants) qui ressemble fortement à une publicité vue à la TV. Et on nous y enfonce petit à petit, corps et rêve, dans les sables mouvants d’une économie globale, libérale, de consommation à outrance. On est forcé à ouvrir la bouche non pour parler mais pour avaler.

=>  »Les convictions ne survivent pas si elles n’ont pas l’occasion de combattre. » : encore la Montagne Magique. Cela fait écho en moi-même, écartelé entre un désir d’écriture et une « nécessité » de travail ou je me mêle dans le pire : les marchés financiers. Mais n’est-ce pas dans ces conditions de stress intense que mon œuvre a le plus de chance d’émerger de mon inconscient.

=> S’il est vain de connaître l’avenir, il est encore après notre mort. Alors à quoi bon courir après la postérité car on ne sera pas là pour la voir. Que pensez-vous de Mozart? Que croyez-vous qu’il envisagea de son vivant de ce lui de maintenant? La seule certitude c’est que l’on ne peut pas imaginer notre postérité. Vivons le présent et faisons ce qui nous passionne c’est la seule chose à faire.  »Qui vivra verra » dit le proverbe, après la mort on ne vivra plus on ne verra rien.

=> Ce corps vous allez le perdre (suite conversation avec un ami et mon épouse au restaurant chinois où il n’y a pas de thé au lotus). Mais pour y arriver en dehors du cas de la mort physique, avec E, il faut le comprendre et compatir avec lui pour détacher ce que vous êtes de ce qu’il est. Il s’agit que votre entité intime puisse devenir sans ce corps un agrégat différent.

Dès que la séparation sera possible elle se fera. Comme la vie est une perpétuelle séparation depuis la séparation de notre mère à la naissance (mère naturelle ou « machine » à embryon), E est l’ultime séparation à l’instar de la mort physique.

=> Ce qui trouble le monde c’est la disproportion entre la  rapidité de l’esprit et la balourdise, la lenteur, l’incroyable paresse et force d’inertie de la matière : page 578 de la Montagne Magique de Thomas Mann où je me noie un peu plus un peu moins chaque jour. Après la tempête de dix minutes que le héro a affronté en skis quelques pages auparavant durant laquelle ce temps si court en soi a paru si long et ce même à la lecture. Ceci illustrant à merveille la phrase plus haut qui représente mon état d’esprit actuel lorsque chaque soir je me couche alors que j’ai toute la nuit devant moi pour écrire. Ah si on pouvait se cloner au moins son esprit qui continuerait en sous-marin nos activités intellectuelles.

Et pourtant, comme le rajoute Thomas Mann, si  »cette disproportion pourrait servir d’excuse à un esprit qui se désintéresse du réel », la vie meut par le corps et l’esprit soudés sont les  »ferments » de notre activité intellectuelle.

=> Encore Thomas Mann et sa montagne aux milles merveilles, page 595 cette fois, il s’agit de l’Analphabétisme. Comme tout un chacun formaté aux nécessités économiques, j’éprouve à l’égard de cet état sociétal crainte et vives humeurs combatives. Mais ne serait-ce pas une pancarte publicitaire que l’on nous brandit à notre visage histoire de louer encore les forces du progrès social nous délivrant du mal comprenant pour nous lier dans la pensée pre-machée voire unique, aube de Globalia.

N’est-ce pas nous vendre un modèle qui a certes rendu de louables services en son temps mais qui nous force à consommer le même produit jusqu’à en croire à sa nécessité vitale? Certes l’auteur fait parler des contradicteurs sur tout et sur rien, se contredisant eux-mêmes, exagérant à outrances les propos (page 596) jusqu’à les rendre indiscernables. Cependant le mot est lâché : faut-il avoir peur de l’Analphabétisme?

=> « Aussi longtemps que nous sommes, la mort n’est pas, et lorsque la mort est, nous ne sommes pas » citation tirée de la Montagne Magique qui explique notre rapport détaché envers la mort (comme si cela nous concernait pas). Cela explique notre manque de responsabilité dans nos actes quotidiens (hygiène, alimentaire, maladie…).

=> L’homme est asynchrone en ce sens qu’il n’a aucune notion de l’écoulement du temps et n’agit pas en fonction de lui. Page 616 de la Montagne Magique et la BD Valérian alimentent ma réflexion sur notre rapport au temps et notre incapacité de le saisir. Mais est-ce un handicap ou une force? Est-ce un manque dans notre panoplie de sens d’être humain ou un degré de plus de liberté? A l’opposé d’Hypérion, ne serions-nous finalement si impuissant face à un être accéléré? Ou bien légèrement aveugle le « temps » que l’on fasse la mise au point. Je crois en l’Homme mais est-ce l’effet d’une autosuggestion destinée à nous rassurer sur notre sort, sur notre place dans l’Univers moins grande que celle d’une fourmilière sur notre petite planète. En effet il y a la limite physiologique il y a cette dualité du corps et de l’esprit. Notre corps est limité mais le manque de sens temporel n’est pas un inconvénient mais une souplesse pour notre esprit mêlant rationnel et irrationnel, capable de Science comme d’Art. J’ai souffert étant plus jeune d’être un être moyen, je sais désormais que je suis d’une espèce moyenne, à preuve du contraire cette alchimie ne serait-elle pas gagnante.

=> Envie de crier. J’avais, avant, cela me semble une éternité, de la haine à revendre contre tout ce qui m’avait éloigné de ma vraie vie : l’écriture. Maintenant je n’ai plus que de la souffrance, la haine est un effort devenu trop lourd à extirper de mon corps si fatigué par cette routine, cette rouille de l’être qui gangrène tout même notre esprit.

Je sais que plus j’écris, plus je sais écrire et plus je sais écrire plus j’ai des choses à dire et plus j’ai des choses à dire plus je souffre à l’image de mon palm dont l’écran porte les stigmates de mes productions de l’esprit. Je ne sais pas ce qui lâchera en premier (cœur, nerfs, esprit) mais je sais qu’aucun ne sera plus vaillant que les autres. Tant pis, à la fin ce sera fini et seul le monde aura des regrets de m’avoir laissé passer sans profiter de l’aubaine que j’aurai pu devenir. Tant pis pour vous, j’avais tant de choses à vous dire, tant de choses à imaginer, tant de vies autrement… Mais ce qui ne me console pas du tout c’est que je ne suis pas le seul.

=> Le temps dans la musique et le temps dans l’écriture s’apparente dans leur écoulement : la durée d’écoute et de lecture. De même ces deux temps remplissent un office similaire par leur occupation, leur distraction, le fait que celui qui écoute ou lit a un repère temporel grâce à la musique et la lecture là où oisif il en perd toute notion. La musique dans son accomplissement est très liée au temps qu’elle sublime mais ne dépasse ce stade alors que l’écriture a son temps propre, la narration.

Thomas Mann dans la Montagne Magique (page 617) au chapitre « Promenade sur la grève » nous invite à ces décalages temporels (une musique de 5 minutes dure 5 minutes, un récit sur 5 minutes peut durer 5000 pages) que le cinéma a su si bien exploiter visuellement en mêlant musique et narration sous le fond hypnotique des images. La musique est si liée au temps qu’elle nous conditionne à certaines situations (angoisses, fêtes,…) et à certaines époques. Elle nous décale vers une époque, elle nous prédispose à des sentiments puis la narration nous enveloppe dans ses ailes et nous fait gagner le pays des merveilles ou des horreurs, selon, en nous invitant dans un écoulement du temps qui lui est propre : 7 ans au Tibet.

Thomas Mann réussit parfaitement avec des mots à nous engluer dans le temps variable de son récit : longue première partie de quelques semaines, seconde partie équivalente en taille de deux ans et un final plutôt court  de 5 ans.

Mais revenons au cinéma un instant. Contrairement à la lecture d’un livre, le spectateur suit des images qui s’enchaînent et des sons qui les accompagnent. Est-ce que la musique vient combler les lacunes d’un film ou meubler là où les images et les paroles ne remplaceraient pas l’écriture? Certains le pensent (Bertrand Blier réalisateur). Je n’en suis pas si convaincu que cela. La musique dans un film s’assimile à sa fonction dans l’opéra : elle donne la note,  le ton, l’atmosphère, les sentiments qui sont si longs à développer sans cela. Or le film comme l’opéra ont une durée finie ce que le livre n’a pas nécessairement. Le livre est un objet d’étude (en cela je suis opposé à la lecture rapide qui nous transforme en ordinateur ou qui transforme le livre en consommable). Il n’a pas vocation à remplir un loisir mais de part sa répétition à fusionner le lecteur autant que ce dernier le voudra. Par contre le film est un consommable, un objet de divertissement. Cependant, les très bons films subliment le cinéma en ce qu’ils synthétisent, concentrent un instant unique de part leur harmonie et leur durée qui vont de pair.

Je n’oppose ni l’un ni l’autre. Le cinéma et la lecture impressionnent chacun à leur manière leur public. Et la musique dans tout cela? J’adore lire en musique, elle ne fait pas que rythmer ma lecture, elle l’imprègne.

Pour revenir à Bertrand Blier, la perfection, le chef d’œuvre, n’est pas exempt de critique pour tout le monde (pour la plupart en général il est parfait mais on ne peut pas le certifier pour toutes les personnes qui l’ont vu et qui le verront) et comme la beauté qui « n’existe que dans l’œil de ses admirateurs », le chef d’œuvre n’est pas dénué d’effet de mode ou de relation étroite envers son époque. Pour conclure, comme le démontre Thomas Mann, l’opposition des idées n’apporte que confusion tandis que dans son élan vers la prise de position elle radicalise son discours et s’oppose à elle-même.

=> Mynheer Peeperkorn dans la Montagne Magique est une personnalité (page 666). Non il est une Personnalité. Thomas Mann nous présente un nouveau personnage à la fin de son roman, ce qui est assez original. Mais quel personnage? Au départ on croit qu’il n’est haut qu’en couleurs mais l’auteur au travers de son héro nous montre une profondeur à faire pâlir les deux éducateurs des chapitres précédents.

On pourrait faire le parallèle avec un étranger (ce qu’il est puisqu’il est Hollandais et qu’il doit parler Allemand) qui n’a jamais étudié suffisamment une langue d’un pays d’adoption bien qu’il y ait vécu de nombreuses années (mais parlant dans sa langue d’origine en famille ou dans sa communauté). Cet émigré à force de vivre dans ce nouveau pays en comprendrait toutes les subtilités de la langue et de la pensée. Si par l’intermédiaire du mariage de ses enfants il se retrouvait projeté en plein et à parts égales dans ce pays qui n’a jamais été le sien complètement et qu’il s’engageait dans une conversation, cela donnerait à peu près les conversations avec ce personnage. Mais pas exactement, il lui faudrait qu’il use de mots assez recherchés mais qu’il n’aboutisse pas dans son raisonnement, dans ses phrases, fautes de ressources : un peu comme si il avait utilisé toutes ses cartouches pour démarrer, puis il coupe court avec un mot naturel pour lui (« réglé ») qu’il utilise à chaque fois choquant plus dans sa régularité de finalité que par son emploi. Bien sûr…

Mais le débat ne semble pas être à ce niveau puisqu’il est moins question de qualité de conversation que de présence qui, dans les pages qui suivent de la Montagne Magique, montre sa supériorité même face aux éducateurs plein de verve du héro primal du roman qui au départ semblent le distancer sur des sujets bien trop élevés pour Mynheer, la Personnalité, mais à l’arrivée finissent comme à court de passion. Et pourtant ils sont deux qui se relancent dans leurs contradictions permanentes oú ils excellent mais ici sans pouvoir faire abstraction de Mynheer qui reprenait.les rênes sans s’opposer à qui ou quoi que ce soit ce qui les laissait dans l’ombre et sans public nos deux éducateurs perdaient la partie.  »La personnalité, semble-t-il n’était pas éducatrice » ajouta Thomas Mann non s’en reconnaître l’apport unique d’une telle rencontre dans notre vie, dans notre construction. D’ailleurs à ce sujet je n’envie pas des personnes comme Settembrini et Naphta qui, malgré leur immense culture que je ne saurais atteindre même après plusieurs vies d’hommes, me semble plus enclin à la stagnation (du point de vue des différentes voies ou manières de pensée possibles et non pas dans le perfectionnement de leur expertise) que Hans Castorp. Je préfère cette ouverture d’esprit qui est la mienne plutôt que me posait en rival d’une encyclopédie. Et je préfère synthétiser et « oublier » que classer pour ressortir.

=> Conversation de blanchisserie : un cousin du patron et un ami.

– Ce que tu me racontes là est incroyable mais tu sais cela ne m’étonne pas car du temps oú je travaillais à Air France j’ai assisté à une panne d’un logiciel. Deux gars sont venus et j’ai vu la facture.

– …

– Eh bien 30000 francs… Pour 5 heures de travail !

– Ouais… Le logiciel devait coûter bonbon, c’est une question de rapport…

– Deux cent mille… C’est quand même exagéré… Mais c’est Air France…

– C’est comme cela…

– Bof c’est pas aussi difficile que changer une roue d’avion.

– Tu sais changer une roue d’avion, toi?

– Je sais changer une roue de voiture… Ce n’est qu’une question de matos…

– Mouais… Et si le matos était dans ta tête?

Conversation anodine qui m’a fait sourire autant de la naïveté des personnes qui parlaient que de ma situation professionnelle.

Et puis le sens se modifia dans mon esprit qui ne souhaitait plus que rentrer pour relater cette conversation. Comme du temps où je prenais une photo sans savoir complètement pourquoi, seulement l’intuition de son intérêt artistique ou humain ou que sais-je?

Et si le matos était déjà dans ma tête? Qu’est-ce que j’attends ainsi à perdre l’énergie de cet âge mûr. Car je sais que j’entre dans une maturité intellectuelle tout en ayant l’énergie de la jeunesse. Je me sens actif comme je n’ai jamais été tout en disposant du matos nécessaire.

Comme saurais-je quand ce sera suffisant? Atteindre la « perfection » n’est-ce pas fuir ses responsabilités. Ah si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Quand saurais-je que je suis prêt? Quand oserais-je me déclarer prêt? Suis-je sur la bonne voie?

On ne peut pas savoir si nos choix furent les bons car on n’a pas la possibilité de vivre plusieurs vies.

Comme dans une tragédie grecque, pour l’heure ma destinée est ce que je suis et rien d’autre tant que l’opportunité ne se présente et tant pis si elle ne se présente jamais ou pire trop tard.

=> Comptine pour jeune enfant :  »les avions tombent »

Les avions tombent,

Les oiseaux tombent,

Le ciel gronde,

C’est la fin du monde.

Mais maman et papa seront toujours là mon enfant…

Tu peux compter sur nous mon bébé…

Maman et papa s’occuperont toujours de toi.

=> Le phonographe arriva à la fin de la Montagne Magique comme un flot d’harmonie dans la vie recluse mais néanmoins moderne de Hans Cartorp.

Ici ce qui intéressant c’est le comparatif fait entre l’ancêtre de la musique en chambre et le concert : un tableau vu de loin grâce à des jumelles.

Ce qu’il y a de spécial aussi dans ce passage c’est que l’introduction de la « boite à musique » ou la  »musique en boite » participe à la déconnection entre le récit et le temps qui passe (de sorte que comme le thème principal et l’introduction le laissaient croire les mois et les années s’écoulèrent sans compter transformant la visite de Hans à son cousin à un séjour frisant l’exil) alors que cette fameuse musique était considérer par l’auteur comme un moyen de quantifier ce temps qui passe (puisque la musique est composée de notes et chacune a une durée qui lui est propre permettant on ne peut mieux de suivre son évolution dans le temps ou plutôt le contraire).

Ce qui est vrai pour un morceau de musique ne le serait-il pas pour une profusion d’œuvres musicales ? On peut rattacher l’idée à Globalia où la profusion d’œuvres littéraires faisait écran à la littérature : il y a une perte de maîtrise de soi et de ce qui nous entoure, une confusion, lorsque règne la profusion.

=> « Définir la passion comme un amour qui doute », encore une perle de la Montagne Magique. Que dire sinon que c’est criant de vérité. Liberté, liberté chérie, qu’es-tu devenu dans notre société au trop plein de libertés. Ou sont passés tes défenseurs passionnés? Est-ce que la fin du doute est la fin de la passion? Est-ce que cette passion perdue est la fin de l’amour? Est-on prêt à abandonner la Liberté par haine de ces libertés qui nous étouffent?

=> Cet homme, Thomas Mann, est plein de ressources. Les  »Apparitions visibles et invisibles » de nouveaux personnages à tout bout de champ redonnent à chaque fois à son récit le souffle nécessaire pour continuer à braver avec humour des concepts délicats.

« Apparitions invisibles », page 753, qu’est ce que cette nouvelle idée?

=> Ce qui est religieux n’est pas exempt de Mal : exemples franc-maçonnerie, l’exorcisme…

Dans le cas de l’exorcisme, je crois qu’il s’agit du même « cas » que l’inquisition, mis à part l’aspect politique de cette dernière, pour ce qui est la peur qui engendre la haine de l’inconnu. Et cette haine, qu’elle se nomme racisme ou autre chose, c’est la honte de l’Esprit, c’est le Mal.

Je n’ai donc pas peur penser que religieux peut vouloir dire dans certaines situations l’œuvre du Mal et ce nom a trop souvent eu un seul visage : l’extrémisme.

=> Deux perles de fin (page 790, « la grande irritation » avant dernier chapitre) de la Montagne Magique : la Justice et la Science.

D’une part, la Justice – principe absolu et fondamental -remplacée par la justice relative sans cesse revue et corrigée dans un sens puis dans un autre (celle de nos cours de justice).

Et la Science, conception matérielle de ce qui nous entoure démystifiant l’explication des phénomènes naturels en faveur de concepts issus de la progression scientifique humaine : D’une part ces phénomènes existaient avant l’homme et d’autre part ils sont matériels et non divins. Du coup l’homme n’est plus au centre de l’Univers mais il en est un spectateur. Et s’il est unique…

Nous trouvons là la même rhétorique qui dénie le progrès humain en ce qu’il remplace des choses divines, transcendantales, par du relatif sujet à corrections ou remises en cause constante. Que dire alors de nos jours avec l’électronique et l’informatique qui a donné naissance à un monstre difforme le numérique? Que dire du virtuel qui étend ses tentacules dans notre vie quotidienne? Que dire des marchés des capitaux et leur sœur globalisation? Avancées ou confusions? La dictature de la confusion ou l’on a droit à tout mais ou l’on ne sait plus que choisir.

Citation : « celle qui voulait accorder à chacun ce qui lui appartenait, ou celle qui voulait donner la même chose à tous? »

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