C’était la coupe du monde, à un détail près…

Le mois est arrivé, le premier mois de la vie de son second fils, Charles, est arrivé. Alain n’a aucun stress cette fois, aucune surprise ne saurait l’atteindre, il a déjà vécu la même situation, une première fois, dix huit mois auparavant, dix huit longs mois qui se sont tassés peu à peu sur eux-mêmes. En tout cas rien à voir avec ce même premier mois qu’il a vécu à l’époque de son premier enfant, Albert, le temps s’était arrêté, chaque journée et surtout chaque nuit étaient une aventure mais aussi une épreuve.

Alors depuis le 19 juin 2006, les jours passent, à nouveau, au rythme des tétées diurnes et nocturnes, au moins Alain peut s’échapper le temps d’une journée en allant à son travail mais la nuit il ne le peut pas dans son trois pièces parisien avec ses deux enfants, sa femme Néla et la belle-mère revenue à Paris le mois dernier, comme le veut une tradition asiatique, alors qu’elle avait tout quitté une première fois, l’an passé, pour retourner, enfin, dans son pays natal le Vietnam.

Alain et Néla ont acheté leur appartement il y a quatre ans, en 2002, avant la naissance des petits, juste après leur mariage, de façon à être tout près de la mère de Néla qui souffrait parfois du mal du pays. Et puis, sans vraiment se l’avouer, ils voulaient profiter de cette proximité à certaines occasions lorsqu’ils auraient des enfants. Puisque les parents d’Alain sont trop éloignés, à 800 kilomêtres dans le sud originel de la famille, ce serait pratique d’avoir de l’aide de temps en temps. Mais la mère de Néla avait prévu les choses autrement. Immigrée du Vietnam en boat people en 1978, elle a passé sa vie à s’occuper de sa fille unique, il était temps de penser à elle maintenant que sa fille était casée. A la naissance d’Albert en octobre 2004, en six mois de temps, elle mit de l’ordre dans ses affaires puis plia bagage non sans avoir aidé sa fille les deux premiers mois et elle disparu comme si elle refermait une brèche temporelle dans sa vie de presque trente ans.

C’est ainsi que se retrouvent pendant ce premier mois trois adultes et deux enfants dans ce trois pièces transformé en appartement multifonctions. Au départ il était conçu avec une idéale séparation jour – nuit qu’Alain et Néla avaient choisie lors de l’achat sur plan.

Côté jour, orienté sud, distribués par une entrée en forme de L, arrive en premier les toilettes avec un vasque pour les invités, puis la cuisine, spacieuse, utilisée maintenant comme salle à manger et donnant sur un grand balcon, domaine réservé au chat reclus pour quelques mois le temps que Charles ne soit plus un nourrisson, le balcon courrant de la cuisine au salon qui est juxtaposé à la cuisine et qui fait désormais office de chambre pour Albert et sa grand-mère, un choix stratégique d’Alain et Néla pour séparer le nourrisson de son grand frère durant les premiers mois, le salon deviendrait par la suite la chambre des enfants.

Côté nuit, orienté nord, séparées par un petit couloir et la salle de bain au centre de l’appartement, les chambres avec leurs petites terrasses individuelles, à gauche la petite chambre qui s’utilise aussi désormais comme un petit salon pour recevoir les amis et qui sert aussi de bureau avec son secrétaire fermé dans un coin, à droite la grande chambre fourre-tout des parents où se trouve la seule télé de l’appartement, le Dvd, le décodeur enregistreur TNT… la vie en différé, quelques rares instants de direct qu’Alain et Néla s’accordent dans des moments d’égarement qui deviennent de plus en plus fréquents au fur et à mesure que la France étonne sur le chemin de la coupe du monde de football.

Le petit Charles dort dans la petite chambre mais il peut être facilement déplacé suivant les situations, dans la grande chambre si Alain ou Néla ont besoin du bureau ou dans le salon s’il y a des invités, grâce au landau qui lui sert de lit en attendant que son grand frère Albert oublie son ancien lit à barreaux alors qu’il dort dans un grand lit depuis maintenant deux mois. Alain et Néla sont très organisés, un peu à l’excès. Néla a beaucoup lu Dolto, Brazelton, Rufo, Dalloz et Thich Nhat Hanh. Alain est un peu maniaque, très impliqué dans leur quotidien, un trait familial qu’il a repris de sa mère.

Bien qu’Alain et Néla soient maintenant plus expérimentés après dix huit mois de labeur avec Albert, leur bébé qui a bien grandi, les situations ne se ressemblent pas tout à fait. Là où aujourd’hui Alain croit que ce sera plus simple à appréhender, ce n’est pas si sûr, le premier mois de Charles reste un premier mois avec ses nuits entrecoupées par des réveils nocturnes de toutes sortes.

En effet, à l’époque d’Albert c’était l’Automne, cette fois-ci c’est l’été qui commence, les journées sont les plus longues de l’année, les nuits les plus courtes, les envies de promenade le soir les plus fréquentes. Ce n’est pas toujours facile de partir se balader avec Charles à l’insu de son grand frère, que Néla couche vers vingt heures trente, sous la garde vigilante de sa grand-mère.

Cette fois-ci c’est en plus la coupe du monde de football où les bleus après des débuts timides semblent retrouver la magie de 98. Alain était encore étudiant à Montpellier à cette époque, il avait sa piaule petite mais confortable et la seule personne à charge était lui-même. C’était à peine huit ans, six courtes années et presque deux autres années aux dimensions d’une vie… La frénésie du football lors des grandes rencontres avec les bleus qu’Alain et surtout Néla depuis 98, depuis l’incroyable victoire, affectionnent, rend plus difficile l’organisation nocturne des changes et des tétées. A l’époque de son premier garçon, Alain avait suggéré de dormir le plus tôt possible, dès que le bébé Albert avait fini sa tétée de 21 heures, la dernière des huit tétées par tranche de 24 heures pour un bébé de moins d’un mois, en laissant tout en plan, vaisselle, lessive, divers rangement et autres nettoyages, qui pourraient être repris à la prochaine un peu avant une heure du matin ou la suivante des tétées nocturnes. Cette belle organisation est rendue caduque au fur et à mesure de la progression de la France vers la conquête de la Coupe, l’excitation et les klaxons ont raison de leurs bonnes résolutions.

Enfin les deux situations ne peuvent pas, ne pourront pas se ressembler. Gérer deux enfants, un nourrisson et Albert qui est en pleine crise des dix huit mois, une crise démultipliée par l’intrusion de son petit frère Charles dans son univers, une lutte pour la survie, et pourtant c’est Charles qui doit se faire une place face à l’omniprésence de son frère et du temps incompressible qu’Albert rend relatif sans restriction. Alors Alain et Néla tentent de contenir cette avalanche de « non », d’apprendre à Albert à ne pas crier quand son petit frère dort même si ce dernier est dans sa chambre, à l’abri, d’apprendre à Albert à parler, à dire ce qu’il veut, à l’exprimer plus calmement.

D’ailleurs Albert a beaucoup changé physiquement le temps du premier week-end « tous ensemble à la maison », lorsque le bébé et sa maman sont revenus de la maternité accompagné de son grand frère et de sa grand mère dans la voiture de « papa », en frôlant le stade Charlety, visible depuis les chambres de l’appartement, comme une loge donnant sur le match, une heure à peine avant la retransmission de France Espagne. Le rapport des référentiels s’est inversé pendant ces deux jours, le petit Charles est devenu moins petit, moins fragile, au fur et à mesure des rôts tout contre son papa et des changes qu’Alain s’efforce de faire pour retrouver ses marques avec un nourrisson et pour soulager sa belle mère et sa femme. Alors que son frère aîné est devenu immense, lourd, costaud, un grand garçon du moins dans certaines situations notamment sur la table à langer devenue soudain trop petite.

Autre constat tandis que les premières semaines passent dans la glue d’un quotidien intense, la sieste est devenue encore plus difficile qu’elle n’était avant la naissance de Charles et les répits rares pour Alain et Néla. Le rituel de la sieste  »pour toute la famille » s’était installé les week-ends depuis la naissance du premier. C’étaient les seuls moments de répits de la semaine entre le travail et la fonction de parents 24 heures sur 24.

Comme Albert se réveille tous les jours tôt, la plupart du temps en pleurant, vers six heures, même les week-ends sauf parfois par bonheur assez rares vers huit heures. Et comme Alain et Néla sont des grands dormeurs, ils ont besoin de leurs neuf heures de sommeil quotidien. Comme c’est impossible, alors ils essaient de rattraper ce retard le week-end pendant les siestes de l’après midi.

Hélas, malgré que les deux petits soient séparés dans deux  »chambres » éloignées de manière à gérer leurs rythmes décalés, il est devenu rare que les siestes soient longues et si Alain et Néla peuvent escompter sur une heure de répit, c’est le plus souvent un grand maximum.

Ainsi, les week-ends, vers midi trente, Albert mange en premier aidé par « papa » tout en trônant dans sa chaise haute, alors que sa grand mère finit de préparer le repas pour les adultes, sinon Alain ne sait pas comment ils feraient pour manger. Albert avale goulûment son repas et il a vite fait de terminer son plat cuisiné « dès 12 mois » dans lequel Néla rajoute quelques légumes préparés par sa mère, son yaourt et un petit pot de fruit ne laissant pas de temps à Alain pour manger dans l’intervalle. Alain qui s’occupe de lui le plus souvent,  permettant à Néla et à sa mère de commencer sans lui. Elles vont ensuite s’occuper de Charles qui finit sa sieste qu’il commence d’habitude vers onze heures ou qui attend patiemment dans le lit landau qui a été amené vers la cuisine pour ne pas le laisser seul s’il a été réveillé par les cris de son frère qui ne sait toujours pas ou plutôt ne veut toujours pas s’exprimer doucement. Vers treize heures, Albert a fini et descend de sa chaise pour se dégourdir les jambes avant la sieste. Alain commence à manger à son tour avec Albert qui le colle et qui veut de ce que mange son père. Alain sait qu’il y a de fortes chances qu’Albert aille à la selle avant qu’il ait fini de manger. Tandis qu’Alain savoure le magnifique repas de la belle mère, avec sa variété de légumes coupés fins qu’elle a mis la matinée à préparer mais qu’Alain avale en quelques minutes, il sent l’odeur caractéristique du caca d’Albert, il le laisse finir de pousser pour ne pas avoir à le changer deux fois tandis que Charles se met à crier pour réclamer sa tétée, c’est son tour, il est réglé comme une horloge, toutefois quand il se met à crier il se déclenche comme un radio réveil déréglé sans crier gare ou presque…

Quand Alain revient à son plat devenu froid, il est satisfait d’en avoir terminé avec Albert, changé, couché et qui continue pourtant à pleurer dans son lit, dans le salon à côté, une lente lamentation avec des petits pics dans les aigus, pour trouver le sommeil. Un mélange de rituel qu’Albert a toujours eu et qui s’amplifie maintenant en puissance et en durée depuis l’arrivée de Charles, qui se trouve à présent dans la chambre d’Alain et Néla en train de téter. Alain aide sa belle mère à ranger la cuisine avec les reliefs du repas et les jouets d’Albert comme autant d’obstacles dans cette course contre la montre. Il rejoint sa femme pour l’aider à faire le rôt et parfois changer Charles qui en a profité pour faire caca à son tour. Le temps d’endormir un Charles récalcitrant et il est déjà deux heures et demi passés, dans moins d’une heure son grand frère devrait se réveiller et reprendre là où il en était avant de s’endormir, pleurer.

Alain, qui pourrait être moi, qui pourrait être vous cher lecteur, qui pourrait être quelqu’un d’autre, je ne sais plus si on m’a rapporté cette histoire ou si je l’ai vécu. En tout cas, la chaleur d’un été précoce, l’incroyable coupe du monde chez les Allemands (une revanche chez eux 20 ans plus tard?), les klaxons, les tétées, les rôts, les changes pour les deux enfants qu’il faut enchaîner, le temps qui n’est pas extensible, les journées au travail où il faut faire bonne figure, les coups de barre à 19 heures lorsqu’Alain tourne la clef dans la serrure pour retrouver la petite famille, les cris, les « non » d’Albert qui communique à sa façon, si mal, ce changement encore pas très défini mais définitif dans sa vie, « papa », « papa », si indispensable tandis que son petit frère trône dans les bras de leur mère recevant la nourriture maternelle et que la vie qui continue, qui doit continuer, les problèmes de garde qu’il faudra à nouveau résoudre, les nounous à la chaîne qu’il faut recevoir pour les évaluer et en choisir une, laquelle sera à la hauteur, laquelle fera faux bond, les compromis qu’il faudra accepter sans déroger sur le principal, la sécurité et l’hygiène, les visites de la famille, des amis, des voisins, se déplacer est devenu plus difficile avec deux petits enfants, le temps de les préparer et le temps a filé à toute vitesse alors que les journées paraissent si longues d’ordinaire, Charles et Albert, deux savants mendiants, quêtant l’amour de leur mère, pourtant si disponible pour eux mais qu’il faut partager, et la belle-mère aux petits soins qu’Albert refuse vigoureusement comme mère de substitution, comme une lutte pour la survie dans ce monde où désormais Charles occupe la même place, dans ce monde de Darwin où le petit roi n’est plus le seul de son espèce.

Et c’est ainsi que les jours passent avec la fatigue qui s’accroît, la chaleur aussi, les nuits lumineuses de l’été, les klaxons après France Brésil, le stade Charlety tout feu tout flamme, un remake de 98 alors qu’Alain étudiait insouciant à Montpellier, tout se mélange le passé et le présent, puis France Portugal, le fouillis dans l’appartement trop petit, les papiers importants qui disparaissent, les changes, les tétées, les rots, la machine à laver qui ne désemplie pas, qui tourne, retourne le linge sale en famille, au rythme de deux par jour, parfois trois à cause des fuites malgré les Pampers par cartons entiers, et le bruit continue de l’essorage tantôt masqué par les cris tantôt les masquant, les crises, la chaleur et l’air qui manque, Alain ne trouve plus son chéquier pour payer la crèche, Albert qui a eu une place l’an passé, un coup de chance, en espérant le rééditer pour Charles l’an prochain qui est né un mois trop tard, pour les attributions de place en Septembre, et les enfants qui demandent sans cesse leur mère, chacun à leur manière, le grand par le refus et le petit par la nourriture, et la belle-mère dans les jambes qui règne sur la cuisine, l’appartement si petit, les prix de l’immobilier qui montent, la température aussi, les nez qui coulent, les larmes, la France en finale, tout se bruit partout, jour et nuit, Alain ne trouve décidément pas son chéquier, il tourne, retourne, comme une machine, partout dans l’appartement pourtant si petit mais multidimensionnel, aux limites de l’espace-temps, des strates, des couches d’affaires pour Albert, pour Charles, et les parents d’Alain qui n’appellent plus que pour avoir des nouvelles des petits, comme si Alain et Néla n’existaient plus, ne faisaient plus qu’un, une entité à quatre bras dévouée aux enfants, et la nourriture entassée dans la cuisine pour les petits plats vietnamiens de la belle-mère, Néla qui sert d’intermédiaire, de traductrice, Alain qui sert aussi d’intermédiaire, de médiateur, Albert qui répand ses jouets partout, qui s’agite d’autant plus qu’il est fatigué, impossible de faire la sieste, cette chaleur sans un souffle d’air, les doigts qui gonflent à cause de la chaleur à moins que ce soit l’alliance qui rétrécisse, le chéquier introuvable perdu dans une autre dimension, un autre temps, une autre époque, le temps où les choses étaient si simples, Alain ne retrouve que les chéquiers de sa femme, les enfants qui réclament, qui exigent leur mère, Albert ne se contente plus des bras de son père, et chaque soir quand Alain rentre du travail il retrouve tout ce beau monde qu’il avait presque fini par oublier au cours de la vie normale, rassurante du travail, il finit par redouter les vendredis soirs, veille du week-end, et même chaque soir en définitive, par redouter le retour dans ce trois pièces qui se rétrécit et où il ne retrouve plus ses affaires.

Quand il dort, pendant les trop courts moments de sommeil entrecoupés par les tétées et les cris, il fait des rêves étranges. Il est debout dans le salon dortoir, il regarde Albert dormir dans son grand lit, serrant son doudou, il se rapproche de lui pour le remettre dans le bon sens du lit, Albert n’a rien senti, il ne s’est pas réveillé, Alain s’éloigne et en se retournant il constate sans émotion, comme s’il le savait déjà, qu’Albert a repris sa place initiale, sans bouger comme par magie, Alain revient vers lui et recommence l’opération mais c’est peine perdu, Albert se retrouve dans la position initiale, et c’est ainsi qu’Alain réitère son geste un nombre incalculable de fois sans résultât… Le rêve s’interrompt ainsi avec le sentiment qu’il ne sert à rien. Une autre fois, un autre rêve, son fils se réveille, le regarde et crie malgré les caresses et les paroles rassurantes d’Alain. Maintenant il hésite à se lever et à aller voir Albert en pleine nuit. D’autant plus que la belle-mère dort aussi dans cette pièce, il se sent sous surveillance. D’ailleurs rêve t-il vraiment ? Quand est-ce qu’il a le temps de dormir, de rêver ? Jours et nuits se confondent sans merci.

Alors qu’Alain rentre comme tous les soirs à la maison, sous un soleil de plomb, déjà harassé. La porte du rez-de-chaussée de l’immeuble lui refuse l’accès. Le pavé numérique qu’il utilise pour taper le code lui semble étrange.

C’est l’ordre des touches qui lui semble différent comme s’il avait eu besoin de louper la saisie du code qu’il fait tous les jours comme un automate pour se rendre compte que les chiffres ont changé de places ou du moins qu’ils ne sont pas là où il croyait qu’ils étaient. Il refait plusieurs tentatives mais le code qu’il tape est rejeté quelque soit leur emplacement réel ou supposé.

Tout en s’escrimant avec la machine, d’autres chiffres s’imposent petit à petit à lui. Tout d’abord leur souvenir semble encore flou. Puis cela devient une évidence. Il tape un nouveau code et la porte s’ouvre. Interloqué, Alain finit par se rappeler, comme s’il n’avait jamais vraiment oublié, plutôt occulté. Il s’agit du code de son immeuble quand il était étudiant à Montpellier, il y a huit ans en 98. Huit ans ?

Il fait si chaud, la façade de l’immeuble est si lumineuse, reflétant le soleil encore intense de 19 heures, qu’il entre dans l’obscurité du hall plus pour s’y réfugier que pour rejoindre sa famille. Quelle famille d’ailleurs? Tout ici lui semble étranger comme le code qui a été refusé et qu’il a maintenant complètement oublié. Il croise quelqu’un dans le hall qui le regarde bizarrement. Il attend que l’autre soit sorti en faisant mine de vérifier sa boite aux lettres, laquelle est-ce ? Puis, comme pour fuir un danger immense et terrible, il sort à son tour. Alain, mais s’appelle t-il Alain? Il regarde ahuri tout autour lui. Des restes de fêtes pas complètement nettoyés jonchent encore le trottoir devant l’immeuble, un journal froissé exhibe en gros le mot VICTOIRE. Alain n’est pas habitué à un tel désordre devant cet immeuble qui, petit à petit, semble ne plus être le sien. Mais la situation est exceptionnelle, il se rappelle que la France est en liesse. Sans transition, Alain sait. Nous sommes le lendemain de la victoire de la France contre le Brésil, nous sommes en 1998, la France enfin championne du monde, pour la première fois de son histoire, une victoire à domicile qui fera date.

Des larmes coulent sur le visage d’Alain. Elles ne semblent pas vouloir s’arrêter comme pour vider un trop plein longtemps retenu. Sa vue est brouillée. Il part en courant.

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3 commentaires pour C’était la coupe du monde, à un détail près…

  1. Hydroxyl dit :

    Beaucoup de paragraphes pour expliquer que ce n’est pas simple de s’occuper d’enfants !

    Est-ce que Albert est un prénom courant pour les enfants ? J’avoue avoir douté entre le papa et son fils… (surtout que les deux prénoms commencent par la même lettre)

    • bgn9000 dit :

      C’est vrai que ce n’est pas facile de voir toute la beauté du texte sur un écran de 3.7 pouces
      Les deux enfants se nomment Albert et l’autre Charles.
      En relisant le texte, tu verras qu’il est question de temps relatif et de lutte pour la survie.
      Je sais, je sais, j’ai voulu trop en faire, mais à la fois, tu verras, et je te le souhaite, qu’avoir des enfants cela fait grandir…

  2. bgn9000 dit :

    Chanson de Marc Lavoine : « Reviens mon amour »

    D’abord, j’ai perdu ma langue
    Et puis j’ai perdu mes clefs
    Ensuite, j’ai perdu le nord, la tête un soir d’été
    J’ai perdu mon adresse et puis j’ai perdu mon âme
    J’ai perdu mon chemin

    J’ai perdu d’avance, j’ai perdu la guerre
    J’ai perdu le sens de l’humour, des affaires
    Et puis j’ai perdu la mémoire, j’ai perdu le sourire
    Le jour où j’ai perdu mon père

    J’ai perdu à la loterie

    {Refrain, chanté, x2}
    Oh, viens me retrouver
    Reviens mon amour
    Pour dix de retrouvées
    Je n’ai qu’un amour

    {Parlé:}
    Alors, j’ai perdu ma jeunesse
    Et puis j’ai perdu confiance
    J’ai perdu au poker, j’ai perdu la conscience
    J’ai perdu la beauté, le goût, le toucher
    J’ai perdu mes papiers, j’ai perdu mon identité

    J’ai perdu la raison, j’ai perdu ma maison
    J’ai perdu à tort ou à raison
    J’ai perdu mon enfance
    Et puis je t’ai perdue
    J’ai perdu mon aimée
    Il me reste la vie

    J’ai perdu à la loterie

    {au Refrain, chanté, x2}

    {Parlé:}
    D’abord, j’ai perdu ma langue
    Et puis j’ai perdu mes clefs
    Ensuite, j’ai perdu le nord, la tête un soir d’été
    J’ai perdu mon adresse et puis j’ai perdu mon âme
    J’ai perdu mon chemin

    J’ai perdu d’avance, j’ai perdu la guerre
    J’ai perdu le sens de l’humour, des affaires
    Et puis j’ai perdu la mémoire, j’ai perdu le sourire
    Le jour où j’ai perdu mon père

    J’ai perdu à la loterie

    {au Refrain, chanté, x2}

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